NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Compte de campagne
Peut-on lui faire confiance ?

Il se passe de drôle de choses en pleine campagne électorale pour les municipales. Le marché, comme toujours, est le lieu de propagande privilégié pour les candidats et leurs supporters, une agora parfaite pour distribuer des tracts et alpaguer le chaland. La pêche aux voix débute devant chez le poissonnier, la critique des grosses légumes en place se poursuit en face du maraîcher avant de leur tailler des croupières avec le boucher.
Dans ce contexte, une tête de liste vient à ma rencontre, avec prudence certes, compte tenu de ma réputation et surtout en commençant par m'envoyer un truchement, un adjoint qui se fit son avocat en servant courageusement d'éclaireur, au risque de se faire allumer à la place de son favori. C'est avec courtoisie que la première joute verbale se passa si bien que le patron en personne se risqua au débat devant un café.
La discussion, pour animée qu'elle fut, nous entraîna sur l'Histoire de la cité, vaste sujet qui explique bien des turpitudes locales, des sujets de fixation et des dérives électorales. Pour justifier mon point de vue sur le complexe local, je proposais à ce personnage la lecture de mon guide du roublard, un recueil de contes reprenant 2 400 années de péripéties et de légendes ligériennes en cette place.
Soucieux sans doute de se concilier un bretteur redoutable, celui qui se rêve futur échevin me quémanda cet ouvrage que, par le fruit du hasard, j'avais à porter de main. Hélas, et c'est grand ballot, ce personnage public et politique n'avait pas un sou en poche. Bon prince je lui fis crédit d'autant qu'il me promettait de régler sa dette le samedi suivant.
Depuis, la neige, le froid, le brouillard, les vacances de Noël et les vicissitudes d'une campagne électorale l'ont conduit à ne pas honorer sa dette depuis un temps suffisamment long pour que je lui offre ce billet en guise d'agio et de monnaie de la pièce que je n'ai pas reçue. Pour ne pas ajouter à la contrariété la honte de pointer du doigt mon débiteur en le nommant, par égard à son grand dessein, je tairais son identité.
Je m'étonne cependant qu'on puisse se lancer dans un tel projet en n'ayant jamais d'argent liquide sur soi. Voilà bien une pratique dans l'air du temps qui conduit de telles personnes à régler une baguette de pain ou un café avec leur téléphone. Ce sont les mêmes qui se trouvent dans l'impossibilité de donner une pièce à un mendiant, un artiste des rues qui fait la manche ou à des enfants vendant un ticket de tombola.
Pire encore quand on fait campagne sur un marché, c'est une manière indélicate d'aller vers les commerçants sans être en mesure d'effectuer un petit achat. J'éprouve soudainement à l'aulne de cette pratique détestable méfiance et rejet à l'encontre de celui qui agit de la sorte et que par ce billet colérique j'exonère d'une dette qu'il a sans doute déjà intégré à ses comptes de campagne !
Comment convaincre et susciter la sympathie sans rentrer dans un bistrot, payer une tournée et discuter avec les tenanciers et leurs clients. J'ai peut-être une conception archaïque de la chose politique qui devrait passer pour moi par la parole et le contact direct et non des crochets sur les plateaux télé, des réunions publiques où l'on ne s'adresse qu'aux convaincus et des prospectus qui finissent trop souvent à la poubelle.
Je crois tout au contraire de l'adage que dans une telle démarche sur un marché, les écrits ne sont guère lus tandis que les paroles font leur chemin à condition d'avoir un peu d'argent sur soi pour jouer le jeu du dernier bastion des échanges commerciaux à l'ancienne. Un candidat sans le sou en poche et qui plus est, qui n'honore pas ses dettes, n'est pas digne de confiance.
Voilà un texte qui m'aura coûté un peu et que j'écris pour rendre la monnaie d'un billet que je ne recevrai jamais. À votre bon cœur monsieur le candidat.


9 hour_ago
16



























.jpg)






French (CA)