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Des dizaines de survivants du pensionnat pour Autochtones d’Île-à-la-Crosse se sont réunis la semaine dernière dans le cadre d’une retraite de plusieurs jours, afin de se soutenir mutuellement dans leur parcours vers la guérison. Après une longue bataille juridique, ces derniers peuvent enfin faire les demandes de réclamation au gouvernement fédéral.
La retraite a été organisée par le Centre de l’amitié d’Île-à-la-Crosse, au bord des rivages sud du lac d’Île-à-la-Crosse, soit en face de la baie où se trouvait l’ancien pensionnat.
Mona Gardiner, coordinatrice de santé mentale du centre, a participé à l’organisation.
Elle affirme qu'il est important que les survivants renouent des liens entre eux alors que certains sont morts et d’autres commencent à vieillir.

Margaret Aubichon était au pensionnat de 1955 à 1963.
Photo : Radio-Canada / Katie Swyers
Margaret Aubichon a fréquenté le pensionnat d’Île-à-la-Crosse entre 1955 et 1963. Elle avait 7 ans quand elle a commencé à fréquenter cet établissement.
Elle affirme que c'est difficile d’expliquer ce qui s’est passé au sein de ce pensionnat, mais que c'est réconfortant d'être en compagnie d'autres survivants.
Ça guérit. Ça remonte les esprits et soulage le moral de se dire que cette personne comprend.
Les survivants du pensionnat de l'Île-à-la-Crosse se sont vu refuser les indemnités prévues par la Convention de règlement relative aux pensionnats pour Autochtones, au motif que l'école était gérée par l'Église catholique romaine et ne bénéficiait d'aucun financement fédéral.
Margaret Aubichon a participé au long processus juridique pour la reconnaissance des maltraitances subies dans le pensionnat de l’Île-à-la-Crosse.
Elle raconte qu'au début du processus juridique, c'était difficile d'approcher d'autres survivants, car il était incertain que ces derniers seraient disposés à parler des abus qu'ils ont subis.
Il est difficile d’en parler encore et encore, avoue Margaret Aubichon. Certains n’ont pas raconté leurs histoires parce qu’ils avaient honte, mais nous ne sommes pas mis dans cette situation.

Des dizaines de survivants du pensionnat pour Autochtones d’Île-à-la-Crosse se sont retrouvés dans le cadre d’une retraite de plusieurs jours.
Photo : Radio-Canada / Don Somers
De nombreux survivants sont morts au cours du processus judiciaire.
Ils étaient inquiets, ils étaient contents, mais ils ne sont plus là pour le voir, pour l’obtenir.
Une guérison intergénérationnelle

Hannah Natomagon, la fille d'un survivant, est venue pour guérir.
Photo : Radio-Canada / Don Somers
Le père de Hannah Natomagon, James Smith, a fréquenté le pensionnat avec ses frères durant les années 50.
Hannah Natomagon a voulu faire le trajet depuis Pinehouse pour participer à la retraite, afin d’apprendre à mieux connaître son père, qui parlait très rarement de son séjour au pensionnat.
Il disait que c’était difficile et rempli de solitude, raconte-t-elle.
Hannah Natomagon est aussi venue à la retraite pour sa propre guérison.
Pendant des années, elle reprochait à son père de ne pas montrer d’affection à ses enfants. Aujourd’hui, elle comprend que ce n’était pas sa faute.
En tant qu’enfant de survivant, on a mal [...] C’est douloureux, parce que je n’ai pas eu de relations avec mon père.
Hannah Natomagon espère dorénavant que des rencontres similaires seront organisées pour les survivants à l'avenir. Ils ont l’occasion de parler, de partager en toute franchise [leurs expériences], parce qu’ils n’ont pas pu le faire auparavant.
Un combat de longue date qui s’achève

Fondé en 1860, le pensionnat d'Île-à-la-Crosse est resté en activité jusqu’en 1970 et a accueilli plus de 1500 élèves au cours de son histoire. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par la Nation Métis de la Saskatchewan
Après un combat de plus de 20 ans et un processus judiciaire entamé en 2005, le gouvernement fédéral a commencé à accepter les demandes de réclamations d’indemnisations pour les survivants.
Une entente historique avait été signée avec Ottawa à hauteur de 27 millions de dollars en janvier dernier.
La province, quant à elle, a versé 40 millions de dollars pour indemniser les victimes.
Les portes du pensionnat, fondé en 1860, sont restées ouvertes jusqu’en 1970.
Avec les informations de Katie Swyers


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