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Parce que le dernier week-end de la Coupe du monde masculine de 2026 s’amorce – et, soyons complètement transparent, parce que les vacances estivales sont imminentes –, c’est le moment du bilan.
Et contrairement à ce qu’on peut entendre dans l’œuvre de Pérusse, ce n’est assurément pas un blanc. Malgré les controverses variées autour du tournoi, le terrain nous a offert des moments de grâce dont il est impossible d’offrir un résumé digeste avec 48 équipes au tableau.
Voici, en quatre catégories somme toute évidentes, un bien humble condensé du Mondial de 2026.
Match du tournoi
Mexique 2, Angleterre 3 (huitièmes de finale, 5 juillet)
Il y avait pire façon de passer un dimanche soir d’été. L’équipe d’Angleterre retournait à l’Azteca pour la première fois depuis ce fameux match de 1986 contre l’Argentine, celui du but du siècle de Maradona et, surtout, de la main de Dieu.
Contre le Mexique, en altitude, avec un retard d’une heure en raison d’orages et devant un public déchaîné, les Anglais n’affrontaient pas seulement 11 adversaires. Ils s’en sont tout de même particulièrement bien tirés en première mi-temps, avec deux buts de Jude Bellingham en trois minutes. Julián Quiñones a cependant réduit l’écart avant la pause, et le match est redevenu tendu.

Les Anglais et les Mexicains ont participé à un duel tendu à Mexico.
Photo : Associated Press / Silvia Izquierdo
Et cette deuxième mi-temps! Carton rouge à Jarell Quansah, tir de pénalité transformé par Harry Kane, autre tir de pénalité transformé par Raúl Jiménez, des centres, des centres, des centres! Avec le recul, si l'on est un partisan anglais, on peut regarder avec grande aise les ballons voler dans la surface et être aussitôt renvoyés en dehors, mais sur le coup, chaque intrusion était comme un avertissement que la prolongation était inévitable – jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus.
Mentions honorables
Argentine 3, Égypte 2 (huitièmes de finale, 7 juillet); Argentine 3, Cap-Vert 2 (16es de finale, 3 juillet); Belgique 3, Sénégal 2 (16es de finale, 1er juillet)
But du tournoi
Sidny Lopes Cabral (Cap-Vert c. Argentine, 16es de finale, 3 juillet)
Des frappes enroulées depuis l’extérieur de la surface ou presque, il y en a quand même eu beaucoup de belles dans cette Coupe du monde. Mais celle de Lopes Cabral contre l’Argentine était chargée de sens comme bien peu d’entre elles.

Sidny Lopes Cabral (no 13, à l'avant) a inscrit le deuxième but du Cap-Vert contre l'Argentine.
Photo : Associated Press / George Walker IV
À ses débuts au Mondial, le Cap-Vert a enchanté la planète avec ses improbables résultats en phase de groupe. Trois matchs nuls, certes, mais une ténacité et une discipline presque à toute épreuve.
La plus petite nation à se qualifier pour le tour éliminatoire d’une Coupe du monde était aussi dotée de personnalités attachantes, comme le sélectionneur Bubista, qui offre des cadeaux à ses vis-à-vis avant les matchs, et le gardien Vozinha, héroïque, malgré ses 40 ans.
Le dernier but du Cap-Vert dans ce Mondial aura été le plus beau sur le plan esthétique, un de ces ballons dont on est certain qu’il finira sur les panneaux publicitaires jusqu’au tout dernier instant. Mais c’était aussi époustouflant de voir Lopes Cabral créer l’égalité pour la deuxième fois du match contre la puissante Argentine. Un but à la 111e minute a donné la victoire à la sélection albiceleste, mais le temps d’un 16e de finale, le Cap-Vert a bien cru qu’il pourrait pousser l’Argentine jusqu’à sa limite.
Mentions honorables
Wilson Isidor (Haïti c. Maroc, phase de groupe, 24 juin); Eldor Shomurodov (Ouzbékistan c. RD Congo, phase de groupe, 27 juin); Ismaïla Sarr (Sénégal c. Belgique, 16es de finale, 1er juillet); Andreas Schjelderup (Norvège c. Angleterre, quarts de finale, 11 juillet); Pedro Porro (Espagne c. France, demi-finales, 14 juillet)
Passe décisive du tournoi
Nathan Saliba pour Promise David (Canada c. Suisse, phase de groupe, 24 juin)
La passe elle-même pour David est formidable, mais c’est tout ce que Saliba réussit en amont qui coupe le souffle.
La longue remise de Luc de Fougerolles aurait dû, en toute logique, se traduire au mieux par une possession de balle de Saliba non loin du drapeau de coin. Mais amortir ce ballon du droit, stopper son élan, créer un écart avec le défenseur Manuel Akanji, établir son appui et trouver l’impulsion nécessaire avec son pied gauche pour envoyer ce ballon à David? Voilà quelques-uns des gestes de grande classe de Nathan Saliba au cours de ce Mondial.

Nathan Saliba a rendu hommage à son coéquipier montréalais Ismaël Koné après sa blessure.
Photo : Getty Images / Fran Santiago
Mentions honorables
Luis Díaz pour Daniel Muñoz (Colombie c. Ouzbékistan, phase de groupe, 17 juin); Mostafa Zico pour Mohamed Salah (Égypte c. Nouvelle-Zélande, phase de groupe, 21 juin); Ferran Torres pour Mikel Merino (Espagne c. Portugal, huitièmes de finale, 6 juillet); Nicolas Raskin pour Charles De Ketelaere (Belgique c. États-Unis, huitièmes de finale, 6 juillet); Lionel Messi pour Lautaro Martínez (Argentine c. Angleterre, demi-finales, 15 juillet)
Surprise du tournoi
Stephen Eustáquio devient le premier no 7 ayant représenté le Portugal à marquer un but dans un match éliminatoire de la Coupe du monde masculine – avant Cristiano Ronaldo (Canada 1, Afrique du Sud 0, 16es de finale, 28 juillet)
La statistique publiée par le journaliste Colin Millar, de The Athletic, était tellement absurde et rigolote qu’elle avait l’air inventée, mais elle est tout à fait vraie.
Stephen Eustáquio n’a jamais été le plus grand buteur. Il n’a marqué aucun but lorsqu’il jouait pour l’équipe des moins de 21 ans du Portugal, il y a encore moins d’une décennie, avant de confirmer son allégeance à son pays de naissance au lieu du pays de ses parents. Celui qu’il a inscrit contre l’Afrique du Sud était une juste récompense pour ce garçon qui a toujours fait jouer les autres.

Stephen Eustaquio (no 7, à l'avant) a inscrit le but gagnant contre l'Afrique du Sud en 16es de finale.
Photo : Getty Images / Fran Santiago
Et c’est au Canada, à Toronto, que Cristiano Ronaldo est devenu le deuxième no 7 ayant représenté le Portugal à marquer un but dans un match éliminatoire de la Coupe du monde masculine. Pour tous ses buts décisifs avec ses clubs ou encore à l’Euro, toucher la cible dans un match à fort enjeu du Mondial lui échappait encore, même si le Portugal en a joué huit de ce genre depuis que Ronaldo fait partie de l’équipe nationale.
Mentions honorables
Espagne 0, Cap-Vert 0 (phase de groupe, 15 juin); Afrique du Sud 1, Corée du Sud 0 (phase de groupe, 24 juin); l’Uruguay éliminé en phase de groupe avec deux petits points


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