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Un bilan des récoltes contrasté dans les champs du Bas-Saint-Laurent

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Au Bas-Saint-Laurent, l'heure est au bilan pour les producteurs agricoles. Entre un printemps froid, des périodes de sécheresse ciblées et un gel hâtif, le bilan des récoltes 2026 est contrasté.

À la Ferme Benovan de L'Isle-Verte, la récolte de courges a été anéantie.

Ça a vraiment été une perte totale pour nous cette année

Alors que normalement environ 1000 courges sont produites, elle affirme en avoir ramassé à peine une vingtaine cette année.

C'est mère Nature qui décide, surtout que nous on n'a pas de système d'irrigation. [...] Probablement qu'on n’aurait pas eu ce problème-là si on avait pu les arroser quelquefois durant l'été, explique-t-elle.

Un présentoir avec des décorations d'halloween, des balles de foin, des courges et des citrouilles.

La Ferme Benovan produit des courges principalement pour l'autocueillette. «C’est quasiment ça ma plus grosse déception : de ne pas pouvoir accueillir ma clientèle cette année», affirme Nancy Dumont. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de la Ferme Benovan

À la ferme maraîchère Cybèle à La Pocatière, alors que le rendement des fraises et des framboises a été exceptionnel, la copropriétaire, Sophie Demougeot, remarque que pour certains légumes c'est une saison décevante, notamment en raison du peu de chaleur pendant la saison estivale.

On a manqué de journées chaudes, c'est pour ça qu'il y a des cultures qui n'ont pas réussi à produire comme elles auraient dû produire, constate-t-elle.

Sophie Demougeot devant son champs de framboises.

Sophie Demougeot est copropriétaire de la Ferme Cybèle, à La Pocatière. Elle y fait la culture maraîchère de différents légumes et de petits fruits depuis 26 ans. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Véronique Duval

Pour les haricots et le maïs, ça a été numéro un, mais au niveau des tomates, des carottes, des concombres, des oignons, et au verger, ça a été décevant

Entre rendements moyens et inflation

Du côté des grandes cultures de céréales, on estime que 2026 est une année moyenne pour les producteurs de la région.

Il n'y a pas eu des catastrophes cataclysmiques, puis il n'y a pas eu non plus des succès extravagants : c'est une année moyenne, une année normale, affirme Francis Caouette, président des producteurs de grains de l'Est-du-Québec.

On aurait quand même aimé avoir un peu plus de quantité et de qualité, parce qu’on a quand même de beaux comptes à payer avec les histoires de diesel et l'augmentation du prix des pièces de machinerie, ajoute-t-il.

Une moissonneuse récolte des céréales sur une terre agricoles de Saint-Eugène-de-Guigues.

Francis Caouette explique que la période des semis s'est bien déroulée, suivi d'un manque d'eau, ce qui a causé une levée inégale du grain. «On avait de l'orge qui était prêt à battre et d'autre orge qui était encore vert, la même chose dans l'avoine», explique-t-il. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Il rappelle qu’en agriculture, peu importe la production, c’est le producteur qui doit absorber l’augmentation du coût des intrants.

La seule pérennité que je peux avoir, c'est soit d'avoir un très bon rendement [...] ou qu'on ait une aide financière qui arrive du gouvernement. Moi, la facture, je ne peux pas la refiler à personne.

Un constat partagé par l'ensemble du secteur, qui réclame un meilleur soutien face à l'inflation et aux changements climatiques.

Il se désole de la perception souvent fausse des gens quand ils voient la grosseur des fermes et leurs machineries.

On brasse de l'argent, mais il n'en reste pas à la fin. Même si le panier d'épicerie a augmenté, moi je n'ai pas plus de valeur pour mon grain en bout de ligne.

Il rappelle que l’agriculture est un secteur essentiel. Tout le monde a mangé ce midi. Donc, tout le monde a recours à l’agriculture.

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