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Le secrétaire à la Défense a confié mercredi au patron de SpaceX, à l’entrepreneur Palmer Luckey et à l’ancien président de la Chambre Newt Gingrich la codirection du «Projet Meridian», une étude de 120 jours sur les armes et technologies des conflits à venir.
Elon Musk fait son retour au sein de l’administration Trump. Par la porte du Pentagone, cette fois. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé mercredi le lancement du «Projet Meridian», une initiative chargée de réfléchir aux technologies qui façonneront les guerres de demain. Le patron de Tesla et SpaceX la codirigera avec Palmer Luckey, cofondateur de l’entreprise de défense Anduril, et Newt Gingrich, ancien président républicain de la Chambre des représentants.
Pendant 120 jours, le trio devra identifier les armes, technologies et capacités militaires dont les États-Unis pourraient avoir besoin dans les années, voire les décennies à venir. L’objectif ? Préserver l’avance technologique de l’armée américaine. Pete Hegseth a dévoilé le projet lors de son discours sur l’état des forces, prononcé devant de jeunes officiers et sous-officiers sur la base des Marines de Quantico, en Virginie. Leurs conclusions doivent faire l’objet d’un rapport public, assorti d’une annexe classifiée.
«Découvrir, développer et déployer»
«Le projet Meridian, l’avenir de la guerre, ne consiste pas à élaborer de nouvelles stratégies ou de nouvelles politiques», a précisé Pete Hegseth, cité par CNBC. Il doit plutôt, selon lui, «identifier les domaines que nous devons conquérir et les capacités que nous devons maîtriser».
Le chantier doit porter loin, dans le temps comme dans l’espace. Le Pentagone veut réfléchir aux armes et aux systèmes nécessaires à des conflits susceptibles de se dérouler sous Terre voir sur la Lune, comme l’a suggéré le ministère de la Défense - rebaptisé ministère de la Guerre il y a un an - dans son communiqué.
«Nous assistons à des progrès rapides dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’autonomie, des énergies dirigées, de la robotique, des biotechnologies», écrit encore Pete Hegseth dans une note de service rapportée par le Guardian . Des avancées qui vont, selon lui, «profondément transformer la nature de la guerre».
Musk de retour à Washington
Le choix d’Elon Musk et Palmer Luckey n’est pas anodin. Leurs entreprises comptent déjà parmi les fournisseurs du Pentagone. SpaceX a décroché en mai deux contrats majeurs auprès de l’US Space Force. Le premier, d’un montant de 2,29 milliards de dollars, porte sur un réseau satellitaire sécurisé de communications à haut débit. Quelques jours plus tard, l’entreprise s’est vue attribuer un contrat de 4,16 milliards de dollars pour développer une constellation capable de détecter et suivre des menaces aériennes depuis l’espace.
Anduril, l’entreprise de Palmer Luckey spécialisée dans les systèmes autonomes et les technologies de défense, dépend elle aussi largement de la commande publique. En mars 2025, le Corps des Marines lui a attribué un contrat pouvant atteindre 642 millions de dollars sur dix ans pour doter ses bases de systèmes anti-drones.
Pour Elon Musk, le «projet Meridian» marque en tout cas son grand retour auprès de l’administration Trump, plus d’un an après la fin de sa mission à la tête du «département de l’efficacité gouvernementale» (DOGE). Son passage à Washington avait été suivi, en juin 2025, d’une spectaculaire rupture publique avec Donald Trump, sur fond de désaccord autour du vaste projet de loi budgétaire du président. Les deux hommes avaient toutefois amorcé un rapprochement dans les jours suivants et ont depuis bien renoué.


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