Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu à Kiev pour apporter son soutien à l'Ukraine et promettre une aide de plus de 1,3 milliard d'euros, alors que la capitale subit une recrudescence des frappes russes, avec un pont visé pour le quatrième jour d'affilée. Washington propose des pourparlers trilatéraux fin octobre.
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu à Kiev pour apporter son soutien et une nouvelle promesse d'aide financière à l'Ukraine, au moment où la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes, qui ont visé un pont pour le quatrième jour d'affilée.
Deux des huit ponts sur le Dniepr que compte Kiev ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, difficiles à intercepter, provoquant de gigantesques embouteillages.
"Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d'urgence se rendent sur place", a annoncé dimanche matin le maire Vitali Klitschko sur Telegram, peu après une alerte aux drones se dirigeant vers la capitale. Selon lui, la situation à Kiev est "extrêmement dramatique" et Moscou est en train de "saccager" la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et à sa logistique.
"Si la Russie n'est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera contre nous"
Friedrich Merz est arrivé dans la matinée, expliquant dans un communiqué être venu car "l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir". "Si la Russie n'est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous", a-t-il affirmé.
Des sirènes antiaériennes ont retenti à plusieurs reprises, et un journaliste de l'AFP a entendu de lointaines explosions pendant que le chancelier se rendait, aux côtés de Volodymyr Zelensky, sur le site de l'Académie des sciences de Kiev, récemment endommagée par une attaque russe.
"C'est ici que l'on peut constater toute l'absurdité de cette guerre. Ces attaques barbares contre la population civile ukrainienne doivent cesser", a déclaré le chancelier. Volodymyr Zelensky a qualifié leurs entretiens de "productifs". L'Allemagne offre un "programme complet d'une valeur de plus de 1,3 milliard d'euros", comprenant des armements et un soutien au secteur énergétique ukrainien avant un hiver qui s'annonce difficile.
Le président ukrainien a de son côté évoqué "des nuits et des journées épouvantables" : "Il est essentiel que l'Ukraine ne soit pas laissée seule face à cette terreur."
La crainte d'un hiver difficile et d'une intensification des frappes
L'Ukraine redoute l'arrivée de l'hiver, l'armée russe pouvant infliger d'importants dégâts aux centrales électriques, comme en 2025, lorsque des millions de personnes avaient été plongées par moments dans le noir et le froid. La Russie a d'ailleurs annoncé qu'elle allait "intensifier" ses frappes "contre les installations militaires et industrielles, ainsi que contre les infrastructures qui y sont liées", en réponse aux déclarations de Volodymyr Zelensky promettant davantage d'attaques contre les raffineries russes.
La visite de Friedrich Merz intervient au lendemain d'un appel de Moscou aux diplomates et étrangers présents à Kiev à quitter la ville, avant de nouvelles "frappes de représailles massives".
Un chancelier impopulaire, des pourparlers à l'horizon
Impopulaire dans son pays, Friedrich Merz arrive en Ukraine après de cinglantes défaites électorales régionales face à l'AfD, parti d'extrême droite qui prône l'arrêt de l'aide à Kiev et une normalisation des relations avec Moscou, et arrive en tête des intentions de vote au niveau national.
Volodymyr Zelensky a par ailleurs annoncé que les États-Unis prévoyaient d'organiser des pourparlers trilatéraux avec des représentants russes et ukrainiens d'ici fin octobre, "au niveau technique". Le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, a de son côté fait savoir que son pays cherchait à jouer un rôle accru de médiateur entre Moscou et Kiev.


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