Le chancelier allemand, venu dimanche promettre plus de 1,3 milliard d'euros d'aide à l'Ukraine, a été accueilli par des sirènes antiaériennes dans une capitale frappée chaque jour.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 20:58 - Temps de lecture :

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Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu dimanche à Kiev pour apporter son soutien et une nouvelle promesse d'aide financière à l'Ukraine, au moment où la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes, qui ont visé un pont pour le quatrième jour d'affilée.

Deux des huit ponts sur le Dniepr que compte Kiev ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, difficiles à intercepter, provoquant de gigantesques embouteillages. « Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d'urgence se rendent sur place », a annoncé dans la matinée le maire Vitaly Klitschko sur Telegram, peu après une alerte aux drones se dirigeant vers la capitale.

Arrivé dans la matinée, Friedrich Merz a dit dans un communiqué être venu car « l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir ». Photo Sipa/DPA

Arrivé dans la matinée, Friedrich Merz a dit dans un communiqué être venu car « l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir ». Photo Sipa/DPA

1,3 milliard d'euros 

Arrivé dans la matinée, Friedrich Merz a dit dans un communiqué être venu car « l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir ». « Si la Russie n'est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous », a-t-il affirmé. Des sirènes antiaériennes ont retenti à plusieurs reprises et un journaliste de l'AFP a entendu de lointaines explosions lorsque le chancelier se rendait aux côtés du président Volodymyr Zelensky sur le site de l'Académie des sciences de Kiev, récemment endommagée par une attaque russe.

Le dirigeant ukrainien a qualifié de « productifs » ses entretiens avec Friedrich Merz, qui a offert un « programme complet d'une valeur de plus de 1,3 milliard d'euros », comprenant des armements et un soutien au secteur énergétique ukrainien avant un hiver qui s'annonce difficile.

L'un des ponts visés lors des frappes de drones russes sur la capitale. Photo Sipa/AP/Andriy Dubchak

L'un des ponts visés lors des frappes de drones russes sur la capitale. Photo Sipa/AP/Andriy Dubchak

« Des nuits et des journées épouvantables »

« C'est ici que l'on peut constater toute l'absurdité de cette guerre », a déclaré le chancelier aux côtés de Volodymyr Zelensky, ajoutant : « Ces attaques barbares contre la population civile ukrainienne doivent cesser. » Le président ukrainien a souligné que la capitale vit « une situation terrible, des nuits et des journées épouvantables ». « Il est essentiel que l'Ukraine ne soit pas laissée seule face à cette terreur », a-t-il ajouté sur Telegram.

L'Ukraine craint l'arrivée de l'hiver, l'armée russe pouvant infliger d'importants dégâts aux centrales électriques, comme en 2025, lorsque des millions de personnes avaient été plongées par moments dans le noir et le froid par des températures glaciales. La Russie a d'ailleurs annoncé qu'elle allait « intensifier » ses frappes « contre les installations militaires et industrielles, ainsi que contre les infrastructures qui y sont liées », en réponse à des déclarations de Volodymyr Zelensky promettant davantage d'attaques contre les raffineries russes.

Impopulaire dans son pays, Friedrich Merz arrive en Ukraine après de cinglantes défaites électorales régionales face au parti d'extrême droite AfD, qui prône un arrêt de l'aide à Kiev et une normalisation des relations avec Moscou, et arrive en tête des intentions de vote au niveau national. Sa visite intervient aussi au lendemain d'un appel de la Russie suggérant aux diplomates et étrangers présents à Kiev de quitter la ville, avant de nouvelles « frappes de représailles massives » contre « des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes ».

Des pourparlers trilatéraux fin octobre

Volodymyr Zelensky a annoncé plus tard dimanche que les États-Unis prévoyaient d'organiser des pourparlers trilatéraux avec des représentants russes et ukrainiens fin octobre. « La partie américaine est actuellement en contact avec l'Ukraine et la Russie et propose d'organiser d'une manière ou d'une autre une réunion au niveau technique, dans un format trilatéral, d'ici la fin du mois d'octobre », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, a de son côté fait savoir que son pays cherchait à jouer un rôle accru de médiateur. « Nous plaidons pour cela depuis plusieurs années, mais ces derniers mois, nous nous sommes un peu plus impliqués, au-delà d'un simple plaidoyer, et nous avons eu des discussions avec la Russie et l'Ukraine à ce sujet », a-t-il déclaré lors d'une réunion de la Conférence sur la sécurité de Munich, organisée à New Delhi.

Kiev « saccagée »

Kiev a été particulièrement prise pour cible ces dernières semaines par des vagues quasi quotidiennes de drones, au moment où l'Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens et à un gigantesque déficit budgétaire que les Européens peinent à combler. Vendredi, Vitaly Klitschko avait qualifié la situation d'« extrêmement dramatique », estimant que Moscou était en train de « saccager » la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et à sa logistique.

L'Ukraine et la Russie ont nettement fait monter en puissance leurs frappes à longue portée ces derniers mois, visant un nombre croissant de sites civils et faisant toujours plus de victimes. La Russie a dévasté le secteur ukrainien de la métallurgie et mis à l'arrêt une grande partie des exportations agricoles par la mer Noire, portant un coup à l'économie du pays. L'Ukraine vise de son côté des raffineries et dépôts de pétrole en Russie, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ou encore des entrepôts de géants du e-commerce.

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