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Octobre rose: s'informer et se sensibiliser au cancer du sein à la Grande Mosquée de Paris [2/2]

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Deuxième épisode de notre mini-série sur Octobre rose en France, le mois de sensibilisation au cancer du sein. Ce 22 octobre, direction la Grande Mosquée de Paris, qui s'engage pour cette opération le temps d'un week-end. C'est dans ce lieu atypique dédié au culte musulman qu'une équipe de médecins est venue pendant deux jours informer, sensibiliser et conseiller les femmes sur cette maladie. Chaque année en France, plus de 60 000 cancers du sein sont diagnostiqués.

Vêtus d'un gilet rose fluorescent, une vingtaine de professionnels de santé, tous bénévoles, se sont mobilisés pour cette vaste opération de dépistage. Une de ces bénévole accueille les femmes présentes : « Bonjour madame, je vous explique un petit peu ce que l'on fait ? Dans le cadre d'Octobre Rose, on s'est entourés de médecins spécialistes, que des femmes, des gynécologues, oncologues, des médecins généralistes qui proposent un examen, gratuit, en toute confidentialité et en toute intimité. »

Épaulée par l'association humanitaire ADDRA, la Grande Mosquée de Paris a déployé les grands moyens. Soraya Rili, oncologue radiothérapeute, présente le dispositif : « Il y a six box, et dans chaque box, on a un médecin, une table d'examen, une chaise et on reçoit les patientes au fur et à mesure. Dès que l'on suspecte une masse – nous sommes aujourd'hui trois oncologues –, nous allons les revoir dans un second temps, les rappeler en début de semaine. »

« Il faut briser ce silence »

Ce n'est pas toujours facile d'aborder cette maladie qui touche le corps des femmes. « C'est compliqué d'en parler, mais cela ne concerne qu'une catégorie de femmes. On a encore des femmes, aussi, qui sont pudiques malheureusement, d'où l'intérêt d'en parler. Il faut vraiment briser ce silence, particulièrement dans notre communauté, la communauté maghrébine. Il faut que la maman en parle à sa fille, qu'elle en parle aussi à son conjoint. Pourquoi ? Car même si cela reste une maladie grave, aujourd'hui on peut aussi parler de guérison. Cela en vaut vraiment la peine », affirme Soraya Rili. 

Le message semble avoir été entendu. Fatima, la benjamine de 29 ans, et Faïza, la quinquagénaire, ont répondu présentes à l'appel de la Grande Mosquée de Paris. Elles sont venues s'informer et apprendre les gestes d'autopalpation. « Je suis venue pour faire des dépistages pour le cancer du sein. Comme j'ai eu 50 ans, j'aimerais bien faire le nécessaire », explique Faïza. À la question de savoir si elle est suivie par un médecin, elle répond : « Non. Et je n'ai jamais fait d'échographie. C'est la première fois. Je suis venue pour voir. »

« C'est l'occasion aussi de poser des questions, d'être sûre qu'on a pas de risques. Comme ça, on peut faire un vrai diagnostic ou un parcours. C'est déjà bien que les médecins d'aujourd'hui assurent un suivi. Après, ils peuvent aussi nous montrer, en cas de doute, comment suivre le parcours, comment procéder à la suite », ajoute Faïza.   

« La femme maghrébine a une épidémiologie différente de celle que nous retrouvons en France »

Le cancer du sein touche en particulier les femmes du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne. Celles qui sont nées sur le continent africain ont davantage de risques de développer un cancer du sein avant l'âge de 40 ans, et elles sont davantage touchées par des formes plus agressives, selon Soraya Rili. Le dépistage se fait trop tardivement et n'est pas systématique, regrette la médecin oncologue :

« Malheureusement, c'est un constat qu'on a fait. La femme maghrébine a une épidémiologie différente de celle que nous retrouvons ici en France. Le cancer du sein frappe de plus en plus des femmes jeunes. On a même vu des femmes âgées de moins de 40 ans. Malheureusement, cette tranche d'âge n'est pas concernée par le dépistage de masse. Je tiens aussi à dire que le dépistage de masse ne concerne qu'une certaine catégorie de femmes. C'est-à-dire que ce sont des femmes qui ne présentent pas d'antécédents familiaux de cancer. D'où l'intérêt de bien les informer et de leur demander de consulter leur médecin traitant ou leur gynécologue pour qu'elle se fasse aussi examiner. » 

Pour ces journées, le bilan est encourageant : près de 200 femmes ont franchi les portes de la Grande Mosquée pour ce dépistage du cancer du sein.

À lire aussiOctobre rose: se réapproprier son corps et sa sexualité après un cancer du sein [1/2]

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