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Les banques avaient promis une période difficile, sans préciser qu’elle concernait uniquement leurs clients.
UBS empoche plus de 31 millions de dollars par jour
Entre avril et juin 2026, UBS a gagné 2,8 milliards de dollars, soit environ 31 millions de dollars par jour. Le résultat dépasse largement les 2,39 milliards attendus par les analystes.
La banque explique cette performance par la progression de la gestion de fortune et de sa banque d’investissement. Les activités de marché ont notamment enregistré un trimestre record, portées par les échanges d’actions et la volatilité financière.
Voilà au moins un secteur qui sait faire quelque chose de l’instabilité mondiale. Lorsque les prix de l’énergie, les guerres et les tensions économiques inquiètent la population, les salles de marché y voient surtout davantage de mouvements à facturer.
Les clients fortunés ont par ailleurs confié 35,5 milliards de dollars supplémentaires à UBS. Le groupe gère désormais quelque 7 300 milliards de dollars d’actifs. Une somme suffisamment importante pour rappeler que l’argent existe toujours : il s’est simplement regroupé dans les mêmes immeubles.
Trois milliards de dollars pour racheter ses propres actions
UBS ne compte pas conserver tout cet argent dans un Livret A à 1,5 %. La banque annonce un nouveau programme de rachats d’actions de 3 milliards de dollars, qui devra être réalisé au plus tard à la fin du deuxième trimestre 2027.
Un milliard sera dépensé dès les trois prochains mois. Le principe est simple : UBS rachète une partie de ses propres titres afin d’en réduire le nombre en circulation, ce qui peut soutenir leur valeur et avantager les actionnaires restants.
Le client, lui, peut toujours tenter la même opération avec son crédit immobilier. Il lui suffira de racheter sa propre dette avec l’argent qu’il n’a pas.
Credit Suisse : le cadeau qui continue de rapporter
Cette prospérité intervient trois ans après le rachat de Credit Suisse. En mars 2023, la banque était au bord de l’effondrement. Les autorités suisses ont alors organisé son absorption express par UBS afin d’éviter une panique financière.
L’opération avait été rendue possible par un dispositif exceptionnel mis en place par la Confédération suisse, comprenant une garantie contre les pertes pouvant atteindre 9 milliards de francs suisses et un mécanisme public de soutien aux liquidités allant jusqu’à 100 milliards.
UBS a finalement renoncé à ces garanties en août 2023 et les prêts ont été remboursés. Les contribuables n’ont donc pas réglé directement la facture finale. Mais le filet public avait bien été déployé au moment décisif, permettant à UBS de reprendre sa rivale sans courir seule l’ensemble des risques.
Depuis, l’intégration de Credit Suisse produit des économies à grande vitesse. UBS affirme avoir réalisé 1,1 milliard de dollars d’économies supplémentaires durant le seul deuxième trimestre. Dans le langage bancaire, supprimer des postes, fermer des services et éliminer des infrastructures devient naturellement une « synergie ».
Les banques ne connaissent pas la crise, elles la facturent
Pour les particuliers, la musique est différente. L’accès au crédit reste sévèrement encadré, les dossiers sont examinés jusqu’au dernier abonnement téléphonique et les petites autorisations de découvert deviennent des produits financiers à part entière.
À partir du 20 novembre 2026, même certaines facilités de caisse seront soumises aux règles du crédit à la consommation. La banque vérifiera donc minutieusement si un client mérite 200 euros de découvert, avant d’utiliser plusieurs milliards pour racheter ses propres actions.
UBS assure que ses résultats démontrent la solidité de son modèle. C’est exact. Le modèle est même parfaitement rodé : privatiser les bénéfices, prévoir un parachute public lorsque tout menace de s’écrouler, puis expliquer aux ménages qu’ils doivent apprendre à mieux gérer leur argent.


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