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- La Tunisie de Kaïs Saïed La Tunisie de Kaïs Saïed La Tunisie de Kaïs Saïed
Emprisonné depuis mai 2024, le chroniqueur franco-tunisien demande sa sortie en vertu de la commission de réconciliation pénale mise en place par le président tunisien, visant à récupérer les fonds publics contre un allègement des poursuites.
Le président tunisien, Kaïs Saïed, devant l’Assemblée nationale à Tunis, le 21 octobre 2024. Le journaliste et chroniqueur franco-tunisien Mourad Zeghidi, emprisonné en Tunisie depuis mai 2024, d’abord pour des propos critiques à l’égard du président tunisien, puis pour des malversations financières présumées, a adressé une lettre ouverte au chef d’Etat, Kaïs Saïed, dans laquelle il demande sa libération en invoquant le règlement de l’ensemble de son dû.
« Monsieur le président de la République, j’ai suivi avec une grande attention vos récentes déclarations du 10 juin 2026 », a-t-il écrit dans ce courrier, publié mardi soir par la page « Free Mourad Zeghidi » et par sa famille sur Meta.
Il y affirme qu’un passage a « particulièrement retenu [son] attention » : l’affirmation, selon lui « claire et sans ambiguïté », par le président, que « quiconque a conclu une transaction doit quitter les ténèbres de la prison ». Kaïs Saïed a, en effet, mis en place une commission de réconciliation pénale visant à récupérer les fonds publics contre un allègement des poursuites.
L’ancien journaliste sportif de Canal+, très connu en Tunisie, est détenu depuis mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques vis-à-vis du président tunisien. Alors qu’il était libérable en janvier 2025, après qu’il avait purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.
Un « acharnement judiciaire » dénoncé par Reporters sans Frontières
En mai, il a été condamné en appel à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». M. Zeghidi affirme être innocent, et son avocat s’était demandé, pendant le procès, pourquoi « des déclarations fiscales [jugées] insuffisantes se sont transformées en blanchiment d’argent ».
Dans sa lettre, Mourad Zeghidi explique avoir « conclu un accord avec les services du ministère des finances en janvier 2026 » et avoir « réglé l’ensemble des montants dus ». Il réclame sa libération « dans les plus brefs délais » et la fin de ce qu’il considère « comme une injustice juridique et procédurale ».
Le président Saïed a récemment déclaré vouloir « une réconciliation fondée sur la restitution du moindre sou volé au peuple tunisien ». « Il n’y a aucune intention de nuire à qui que ce soit », avait-il ajouté, assurant qu’il ne s’agissait pas de « règlements de compte » et que les personnes ayant conclu des accords pouvaient quitter leur prison.
L’organisation Reporters sans Frontières (RSF) estime que Mourad Zeghidi fait l’objet d’un « acharnement judiciaire ». Des ONG dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie depuis la concentration des pouvoirs opérée par le président en juillet 2021.
Le Monde avec AFP


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