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La liste des sujets de discorde entre Xi Jinping et Donald Trump est déjà longue. Et elle continue de s'allonger. Ce mardi, le gouvernement américain s'est attaqué à un nouveau secteur en ajoutant sur la liste des produits interdits d'importation aux États-Unis, les robots humanoïdes et quadrupèdes.
Derrière cette interdiction américaine, justifiée par "des risques inacceptables pour la sécurité nationale du pays", se dessine également la volonté des États-Unis de continuer à resserrer l'étau autour des produits chinois, sur fond de guerre commerciale et technologique entre les deux premières puissances économiques mondiales. Washington affirme également que ces robots feraient aussi courir "un risque de cybersécurité susceptible de menacer les infrastructures américaines cruciales".
Techniquement, l'interdiction concerne l'ensemble des robots, quelle que soit leur provenance. Mais dans les faits, elle touche principalement la Chine, qui domine largement le marché.
La Chine menace de représailles
Pékin n'a en tout cas pas tardé à réagir. Selon CNBC, le ministère chinois du Commerce a dénoncé ce jeudi cette décision qu'il estime "nuire gravement à la stabilité économique et commerciale sino-américaine".
"La Chine ripostera 'résolument' (...) si les États-Unis persistent"
"La Chine ripostera 'résolument' et défendra ses intérêts si les États-Unis persistent à agir unilatéralement concernant l'interdiction d'importer de nouveaux robots et onduleurs chinois", a-t-il continué. Le ministère affirme également que les États-Unis discriminent et répriment les entreprises et produits chinois, rapporte Reuters.
Un accord inattendu entre Donald Trump et Xi Jinping ? Des milliards de dollars chinois vont être investis dans un secteur en grande difficultéInterrogé par la chaîne américaine, Marc Einstein, directeur de recherche chez Counterpoint Research, estime que Pékin dispose toutefois de plusieurs leviers pour répondre au gouvernement américain. Le premier consiste à restreindre davantage les exportations de terres rares, indispensables à la fabrication de nombreux produits technologiques et dont les entreprises américaines restent fortement dépendantes. De plus, la Chine pourrait également compliquer davantage l'accès à son immense marché intérieur pour plusieurs groupes américains, notamment Tesla ou Nvidia.
Un secteur clé pour la Chine
En quelques années seulement, la Chine s'est imposée comme un leader mondial de ces robots, avec plus de 140 fabricants et une chaîne d'approvisionnement en pleine expansion, rapporte CNN. D'après plusieurs estimations relayées par CNN, la Chine représenterait près de 90 % des livraisons mondiales de robots humanoïdes en 2025.
Selon LexisNexis, relayé par le média américain, six des principales startups mondiales spécialisées dans ces robots, sont d'ailleurs chinoises. Parmi elles figurent notamment Agibot, Unitree et UBTech. L'action d'UBTech, cotée à Hong Kong, a d'ailleurs brièvement chuté de plus de 6 % ce jeudi matin. Dans un contexte boursier particulièrement difficile pour le secteur technologique, l'action d'UBTech a déjà chuté de plus de 40 % depuis le début de l'année.
Les robots UBTech. ©AFP or licensorsAgibot et Unitree ont, de leur côté, engagé des démarches en vue d'une introduction en Bourse
Une nouvelle étape dans la guerre technologique
Cette décision n'est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, Washington multiplie les restrictions visant les technologies chinoises. En décembre dernier, le gouvernement avait déjà instauré des restrictions similaires contre les drones de fabrication étrangère, privant ainsi le géant technologique chinois DJI du marché américain.
Si Trump s'en va le sourire aux lèvres, la Chine a réservé une mauvaise surprise pour la tech américaineDJI, basée à Shenzhen, est le premier fabricant de drones au monde et représente près de 80 % des drones commerciaux vendus aux États-Unis. L'administration Trump estimait également que ces appareils étaient une menace pour la sécurité intérieure des États-Unis et qu'il fallait davantage encourager la production de drones américains.
À l'issue d'enquêtes menées par la Federal Communications Commission (FCC), certaines entreprises étrangères avaient finalement obtenu des exemptions. Selon Reuters, aucune société chinoise ne figurait toutefois parmi les bénéficiaires.
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