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La promotion de Bill Pulte, fidèle parmi les fidèles de Donald Trump, relance le débat sur la place de la loyauté politique au sein de l’appareil d’État américain.
Qui va désormais superviser les agences de renseignement américaines, de la CIA à la NSA ? Pas un ancien général, ni un spécialiste du contre-espionnage, ni même un diplomate chevronné. Donald Trump a choisi un entrepreneur de l’immobilier de 38 ans devenu l’un de ses plus fidèles soutiens politiques.
Le président américain a annoncé ce mardi 2 juin la nomination de Bill Pulte au poste de directeur du renseignement national par intérim, quelques semaines après l’annonce du départ de Tulsi Gabbard. Une décision qui a immédiatement provoqué de vives réactions à Washington, y compris dans les rangs républicains.
Car Bill Pulte n’a jamais travaillé dans le renseignement, la défense ou la sécurité nationale. Héritier d’une famille ayant fait fortune dans la construction immobilière, il dirige actuellement l’Agence fédérale de financement du logement (FHFA), chargée notamment de superviser les géants du crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac. Il conservera d’ailleurs cette fonction tout en prenant la tête du renseignement américain.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a justifié son choix en mettant en avant sa « profonde expérience dans la gestion de sujets sensibles aux États-Unis ».
De l’immobilier aux plus grands secrets d’État
Pour comprendre les critiques suscitées par cette nomination, il faut mesurer l’importance du poste. Le directeur du renseignement national est chargé de coordonner le travail des principales agences de renseignement américaines. Il conseille directement le président et participe à l’évaluation des menaces qui pèsent sur les États-Unis. Créée après les attentats du 11 septembre 2001, cette fonction est devenue l’un des postes les plus stratégiques de l’appareil sécuritaire américain.
Sauf que Bill Pulte doit sa notoriété moins à son expertise dans ce domaine qu’à son activisme politique. Depuis son arrivée à la tête de la FHFA, il s’est imposé comme l’un des relais les plus offensifs de Donald Trump. Il a notamment demandé l’ouverture d’enquêtes visant plusieurs personnalités régulièrement attaquées par le président américain, parmi lesquelles la procureure générale de l’État de New York Letitia James, le sénateur démocrate Adam Schiff ou encore Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale.
Alors c’est sans surprise que la nomination a déclenché une avalanche de critiques dans l’opposition démocrate, qui voit dans ce choix une nouvelle démonstration de la place accordée à la loyauté personnelle dans l’entourage de Donald Trump, au détriment des compétences.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a ainsi qualifié Bill Pulte d’ « homme de main partisan ». « Bill Pulte n’a aucune expérience du renseignement », a-t-il dénoncé sur X, estimant qu’il s’agissait d’un nouveau responsable « non qualifié » choisi par le président américain.
Le sénateur Mark Warner, vice-président démocrate de la commission du renseignement du Sénat, a lui aussi dénoncé une nomination destinée selon lui à servir des objectifs politiques plutôt que des impératifs de sécurité nationale. « Plutôt que de choisir un professionnel respecté de la sécurité nationale, capable de fournir des opinions indépendantes, le président a choisi un responsable qui a prouvé non seulement sa volonté mais aussi son empressement à utiliser l’autorité du gouvernement pour mener des représailles politiques », a-t-il déclaré.
Le vice-président JD Vance a quant à lui salué sur X « un gars super qui sait que la bureaucratie dans la communauté du renseignement doit répondre aux responsables élus (plutôt que l’inverse) ».


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