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Politique 03/01/2026 12:20 Actualisé le 03/01/2026 12:43
La France insoumise appelle la France à condamner « l’agression américaine » alors que Donald Trump revendique avoir capturé le président du Venezuela et son épouse.

PEDRO MATTEY / Anadolu via AFP
Trump « capture » Maduro, la gauche bien seule à dénoncer « l’agression » américaine au Venezuela
EN BREF • Les États-Unis ont mené des bombardements sur la capitale du Venezuela, et « capturé » le président Nicolás Maduro.
• Pour l’heure, la France, comme la plupart des capitales européennes, n’a pas encore réagi.
• La gauche, en revanche, dénonce une « agression qui doit être unanimement condamnée. »
Une pluie de frappes sur plusieurs villes et un président et sa femme désormais aux mains d’une puissance étrangères. Donald Trump a sidéré une bonne partie de la planète ce samedi 3 janvier en lançant dans la nuit une opération militaire contre le Venezuela, au cours de laquelle Nicolás Maduro et son épouse ont été « capturés ».
Donald Trump accuse depuis des mois le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.
Alors que les réactions officielles de l’Élysée et du Quai d’Orsay demeurent à l’heure où nous écrivons cet article très attendues, les élus de La France insoumise ont été les premiers à réagir tôt dans la matinée pour dénoncer un coup d’État et selon les mots du coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, « une agression qui viole toutes les règles du droit international et menace la paix dans toute la région ».
« Un feu vert » « à tous les autocrates », dénoncé Olivier Faure
Jean-Luc Mélenchon a redoublé de critiques. « Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge (...) Le narcotrafic est désormais le prétexte de l’empire et de ses agents politiques et médiatiques pour détruire ce qu’il reste d’ordre international », cingle-t-il sur X. Le leader insoumis est régulièrement accusé d’être un soutien du président vénézuélien Nicolás Maduro malgré son virage autoritaire, ce qu’il dément.
LFI a appelé dans un communiqué « le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela. Dans l’immédiat, elle doit demander une réunion du conseil de sécurité de l’ONU ». Le parti mélenchoniste n’est pas seul à réagir à gauche ce samedi matin.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, dénonce de son côté un « pas de plus dans la délégitimation des institutions internationales » et « un feu vert » « à tous les autocrates ». « Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné » ajoute-t-il à propos de l’opération militaire. Même prise de distance et même condamnation pour Marine Tondelier. « C’est un nouvel effondrement du droit international, sous les coups des impérialismes qui sont les oripeaux d’une nouvelle ère de prédation », fustige la secrétaire nationale des Écologistes.
Si les représentants des formations de gauches ont été particulièrement prompts à réagir, la classe politique, dans son ensemble paraît un brin gênée. S’il dénonce le « régime rouge » de Maduro, Jordan Bardella, président du RN, estime néanmoins que le droit international « ne peut être à géométrie variable », et ajoute : « le renversement extérieur d’un gouvernement, par la force, ne saurait constituer une réponse acceptable »


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