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International 17/10/2026 08:55 Actualisé le 17/10/2026 09:46
Le président américain a porté un sérieux coup au Graham Act, qui permettait de renforcer massivement la pression économique sur la Russie.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

JIM WATSON, KRISTINA SOLOVYOVA / AFP
Trump annule un paquet de sanctions prévues contre Poutine en rayant cette loi majeure.
Donald Trump inflige un nouveau camouflet à l’Ukraine. Le président américain a exempté vendredi 16 octobre la Russie de nouvelles sanctions majeures prévues dans une loi récemment adoptée par le Congrès. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas caché se sentir « trahi ».
Donald Trump a en effet porté un coup à un texte à la grande portée symbolique : le Graham Act. Ce dernier constituait la première action majeure du Congrès contre Moscou depuis son retour au pouvoir.
« J’exempte l’application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », stipule un décret publié par la Maison Blanche, invoquant « l’intérêt national des États-Unis ». Une nouvelle qui a immédiatement réjouit la Russie : « la suspension de la loi Graham par l’administration Trump est un moment important et véritablement historique », a déclaré sur les réseaux sociaux Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin pour la coopération économique à l’international.
Un texte pour cibler économiquement la Russie
Donald Trump avait promulgué le Graham Act à la mi-septembre. Cet arsenal législatif vise en particulier le secteur de l’énergie russe. Il cible en théorie pour la première fois la flotte fantôme russe, et visait également le président Vladimir Poutine, ainsi que d’autres hauts responsables russes.
Il donne en particulier à Donald Trump le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes parmi lesquels la Chine et l’Inde.
Cette loi porte le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l’Ukraine et pourfendeur de la Russie et de l’Iran. Elle était soutenue avec force par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui avait salué lors de sa promulgation « un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix ».
Relations tendues avec l’Ukraine
Toutefois, depuis la promulgation du Graham Act, les relations déjà difficiles entre les présidents américain et ukrainien sont entrées dans une nouvelle crise. Donald Trump a notamment annoncé début octobre avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine, consistant à lever des sanctions pour permettre aux États-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe.
Depuis, Kiev a déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d’attaques russes imminentes. L’Ukraine déplore notamment des restrictions dans l’utilisation de Starshield, déclinaison militaire du système de satellites Starlink, déployé par la société SpaceX d’Elon Musk.
Interrogé vendredi sur le sujet, Donald Trump a décliné toute responsablité. « Ce n’était pas moi. Et je ne pense pas que c’était Elon (Musk, ndlr.) », a-t-il dit pendant un échange avec la presse à la Maison Blanche. Elon Musk avait lui déclaré mercredi que tout ralentissement de Starshield en Ukraine relevait du gouvernement américain, et non de son entreprise SpaceX. Ce service est essentiel pour les forces ukrainiennes pour communiquer sur le front et intercepter de drones.


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