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À cause de la pénurie de travailleurs paramédicaux, les pompiers sont souvent sollicités pour répondre aux urgences médicales. Trop souvent à leur goût alors que cela ne fait pas partie de leur mandat principal. Certaines brigades ont décidé de mettre des limites.
Le 20 janvier, le chef pompier de Kedgwick, Christian Gallien, s’est présenté au conseil municipal. Il a raconté que, récemment, son équipe s’est rendue à Saint-Quentin pour un arrêt cardiaque, car la brigade locale avait refusé de répondre à l'appel du 911.
Je ne veux pas laisser [les gens] dans une situation de vulnérabilité, mais ce n’est pas mon mandat. Mon mandat, c’est vraiment l’extinction des feux et les accidents de véhicules, indique M. Gallien en entrevue.
On n’est pas formés pour de l’administration d'oxygène. On a juste un équipement de base.

Pour les urgences médicales, les pompiers sont généralement équipés de beaucoup moins d'outils que les paramédicaux, incluant une trousse de premiers soins. C'est notamment le cas pour la brigade de pompiers de Balmoral, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Un mandat clair à Saint-Quentin
La mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers, confirme que les pompiers ont refusé d’intervenir pour ce cas. Un pompier n’est pas là pour répondre à des appels d’ambulances, résume-t-elle.

Nicole Somers, mairesse de Saint-Quentin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
À Saint-Quentin, la brigade de pompiers ne répond plus aux demandes d'assistances médicales, et ce depuis plusieurs années.
En 2015, la Ville a adopté un guide, qui prévoit que les pompiers ne doivent pas répondre à ce type d’appels.
Le 911 appelait nos pompiers parce qu’il n’y avait pas d’ambulances sur le territoire. Ce n’est pas correct de faire ça. Et c’est difficile de dire non, quand on sait qu’il y a quelqu’un qui a besoin d’aide, explique Mme Somers.
Si l'on veut avoir la rétention de nos pompiers, il faut garder leur mandat clair.
Mme Somers est d’avis que les pompiers ont été beaucoup moins sollicités pour les urgences médicales depuis la mise en place du guide opérationnel.
« Ce n’est pas notre problème à régler »
Elle encourage les autres élus municipaux à demander à leurs brigades de refuser les appels du 911 qui ne sont pas liés aux incendies. Elle est d'avis que les autorités provinciales seront plus enclines à embaucher davantage de travailleurs paramédicaux si les pompiers arrêtent de compenser pour la pénurie.
Les services d’incendies du Nouveau-Brunswick doivent s’entendre qu’on ne remplace pas Ambulance Nouveau-Brunswick. À moins que les brigades de pompiers soient formées pour le faire, les pompiers ne peuvent pas prendre le mandat. Si l’on manque d'ambulanciers, ce n’est pas notre problème à régler, déclare Nicole Somers.
Elle réclame également une directive provinciale pour empêcher les pompiers de remplacer les ambulanciers.

Une ambulance d'Ambulance NB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
La Ville de Kedgwick demeure prudente
Le maire de Kedgwick, Éric Gagnon, indique que ses pompiers vont continuer, pour le moment, de répondre aux urgences médicales.
Mais si ça arrive trop souvent, on va avoir des discussions avec les autres communautés qu’on offre nos services de pompiers, puisqu’il y a des frais qu’on débourse, précise-t-il.
Le réel problème, le véritable bobo, c’est qu’on manque d’ambulances ici. Ce n’est pas plaisant.

Éric Gagnon est le maire de Kedgwick, au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le maire espère une solution provinciale. Le prévôt des incendies du Nouveau-Brunswick nous a dit que, d’ici peu, il y a aura une solution pour aborder ce problème, ajoute-t-il.
Près de 300 travailleurs paramédicaux manquants
Le vice-président d’Ambulance Nouveau-Brunswick, Jean-Pierre Savoie, est bien au fait de la pénurie de travailleurs paramédicaux.
Il indique que son organisation a notamment mis en place un comité formé de pompiers et de représentants municipalités pour identifier des pistes d’améliorations.
On espère que le nombre de personnes intéressées à suivre des cours [pour devenir] paramédical va augmenter, ce qui va permettre d'avoir plus d’effectifs sur la route. On espère que les bourses d’études vont continuer, indique-t-il.

Jean-Pierre Savoie est le vice-président d'Ambulance Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Catherine Harrop
Ambulance Nouveau-Brunswick compte continuer de faire appel aux pompiers, tant et aussi longtemps qu’elle n’arrivera pas à recruter davantage de travailleurs paramédicaux.
M. Savoie croit qu'il va falloir plusieurs années pour résorber la pénurie de travailleurs paramédicaux. Selon lui, il en manquerait près de 300 à l'heure actuelle pour répondre aux besoins des Néo-Brunswickois.
M. Savoie précise qu'une vingtaine de services d'incendie participent volontairement aux appels pour des urgences médicales, mais que l'objectif à long terme est de ne plus avoir besoin de leur aide.
Au moment d'écrire ces lignes, le prévôt des incendies du Nouveau-Brunswick n’a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada.


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