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Elle fait moins de bruit que celle des batteries, mais la filière de l’hydrogène est bien présente au Québec. Même si le développement du secteur a ralenti ces dernières années, l’hydrogène demeure pertinent pour certains usages, ont soutenu des experts réunis lors du sommet Hyvolution, qui a lieu mercredi et jeudi à Trois-Rivières.
La plus grande ville de la Mauricie pourrait d’ailleurs tirer son épingle du jeu avec le développement d’une stratégie de l’hydrogène. C’est du moins la thèse avancée par des acteurs de l’industrie.
« Ça fait quand même assez longtemps que Trois-Rivières [est désignée] dans la culture populaire comme une capitale de l’hydrogène », notamment en raison de la présence de l’Institut de recherche sur l’hydrogène, a souligné David Berthelot, directeur de l’attractivité et des projets stratégiques à Innovation et Développement économique Trois-Rivières, lors d’un panel, mercredi. Des entreprises du secteur sont déjà en activité dans la Vallée de la transition énergétique, une zone d’innovation qui s’étend de Bécancour à Shawinigan.
Le potentiel est cependant beaucoup plus grand, estime Mikaa Blugeon-Mered, chercheur à la Chaire de recherche du Canada sur l’hydrogène propre. Car malgré une couverture médiatique qu’il juge défavorable, la demande pour le plus léger des éléments chimiques serait au rendez-vous. « On n’a jamais vu autant de projets d’hydrogène dans le monde », soutient-il.
Pour profiter de cet intérêt, Trois-Rivières ne devrait pas viser de gros projets à tout prix, mais plutôt d’une multitude de plus petits projets qui serviront à créer un écosystème fort. Outre la production, des secteurs comme la mobilité (dont le transport maritime), la recherche et développement, le stockage et les industries consommatrices — sidérurgie, ammoniaque, méthanol, etc. — gagneraient à être développés, selon M. Blugeon-Mered.
Les couleurs de l’hydrogène
Pour le moment, la quasi-totalité de l’hydrogène produit dans le monde provient de sources fossiles, comme le gaz naturel, et émet du CO2 lors de sa transformation. Dans ce cas, on l’appelle « hydrogène gris ». On parlera d’hydrogène bleu lorsqu’il est produit à partir de carbone capté et séquestré, et d’hydrogène vert pour celui obtenu par un processus d’électrolyse de l’eau qui utilise de l’électricité renouvelable.
C’est cette dernière catégorie que promeut le gouvernement du Québec. Après tout, ce vecteur d’énergie n’émet aucun gaz à effet de serre lors de sa combustion. Et s’il est produit à partir d’énergie renouvelable, son bilan carbone sera pratiquement nul.
« La première machine au monde à produire de l’hydrogène renouvelable était chez nous, à Bécancour, sur le site d’Air Liquide », rappelle en entrevue Bruno G. Pollet, co-directeur de l’Institut de recherche sur l’hydrogène de l’Université du Québec à Trois-Rivières. L’inauguration d’un électrolyseur novateur utilisant la technologie d’échanges de protons « a été une sorte de catalyseur pour l’industrie ».
Cela dit, la place de l’hydrogène demeure minime dans le mix énergétique de la province. Le Québec n’a produit qu’environ 22 pétajoules d’hydrogène — tout type confondu — en 2022, une infime fraction de toute l’énergie transformée au Québec, selon les données colligées par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal.
« L’engouement a disparu »
Si l’hydrogène vert était sur toutes les lèvres il y a peu de temps, la frénésie s’est estompée rapidement. C’est que certains croyaient que « l’hydrogène [vert] peut tout régler, tout décarboner, [alors que] ce n’est pas le cas », avance Bruno G. Pollet. « L’engouement a disparu. »
« On a une sorte de ralentissement [dans le domaine], mais avec un certain focus sur des secteurs bien particuliers », précise-t-il en entrevue. L’hydrogène serait notamment utile pour certaines industries difficiles à décarbonner, comme l’industrie chimique ou sidérurgique.
Par ailleurs, une critique récurrente du secteur demeure : les pertes énergétiques majeures entraînées par la production d’hydrogène. « Selon l’utilisation que l’on fait de l’hydrogène vert, les besoins de production d’électricité peuvent être 2 à 14 fois plus élevés par rapport aux solutions d’électrification directe », note la Chaire dans l’édition 2025 de son rapport intitulé État de l’énergie au Québec.
Dans le contexte où les surplus d’électricité d’Hydro-Québec ont fondu, il faut « trouver des technologies qui permettent d’utiliser moins d’électrons dans la production d’hydrogène, mais aussi […] de trouver des systèmes qui sont plus efficaces », affirme M. Pollet.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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