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Trois péquistes élus à Saguenay : l’eau contaminée à La Baie est la priorité de Luc Boivin

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Alors que trois candidats péquistes ont remporté l’élection sur son territoire, le maire de Saguenay, Luc Boivin, estime pour sa part que le dossier prioritaire est la contamination de l’eau à La Baie.

Le maire Luc Boivin assure qu’il va collaborer avec les nouveaux élus dans Jonquière et Dubuc, ainsi qu’avec la députée réélue dans Chicoutimi.

La grande priorité est le dossier de l’eau contaminée à La Baie, selon lui.

J’espère que ça ne prendra pas le même temps que ça a pris pour obtenir l'entente qui est négociée présentement. Il reste l’approbation des ministres.

La Ville doit obtenir une autorisation de Québec pour pouvoir toucher aux sommes promises par Ottawa. Le gouvernement fédéral s'est engagé à assumer 90 % des frais pour trouver une nouvelle source d'eau pour les secteurs de Port-Alfred et de Grande-Baie, puisque la contamination émane de la base militaire de Bagotville.

L'itinérance : un objectif ambitieux

Concernant les promesses électorales péquistes, le maire estime que diminuer de moitié le nombre d’itinérants est un objectif ambitieux. Il concède toutefois qu'à Saguenay, l’itinérance est un enjeu préoccupant. Il faut que le chiffre arrête de monter, c’est certain, et il faut viser à le diminuer.

Des journalistes sont autour de Luc Boivin.

Le maire de Saguenay, Luc Boivin. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Justine Bertrand

Luc Boivin attend du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités en matière d’itinérance, puisque la santé mentale entre autres, c’est une compétence provinciale.

Il ajoute que les municipalités ainsi que les organismes travailleront en collaboration avec le gouvernement sur cet enjeu.

Par ailleurs, le maire de Saguenay est préoccupé par les seuils d’immigration que les péquistes souhaitent imposer.

L’immigration économique, c’est-à-dire les travailleurs dans les entreprises manufacturières, c’est un enjeu capital si on veut être en mesure de remplir les commandes et les contrats. C’est même plus important que les tarifs présentement. Les entreprises que j’ai rencontrées m’ont dit : "Sans main-d’oeuvre, on ne pourra pas passer au travers".

Luc Boivin affirme avoir hâte d’entendre les adoucissements du Parti québécois sur ces mesures-là. Il se dit confiant quant au travail en collaboration avec la députée péquiste Marie-Karlynn Laflamme, déjà en place depuis février, qui comprend très bien les enjeux selon lui.

Le maire espère trouver une voie de passage pour permettre aux régions du Québec qui ont un faible taux de chômage de pouvoir encore compter sur une main-d’œuvre étrangère dans les entreprises manufacturières.

Préparer la transition

Pour l’ancien député péquiste élu dans Jonquière de 2007 à 2022, Sylvain Gaudreault, le Parti québécois (PQ) devra préparer la transition avant de siéger officiellement à l'Assemblée nationale en tant que gouvernement minoritaire.

Durant la campagne électorale, les hauts fonctionnaires analysent les programmes des partis politiques qui ont le plus de chances de former le gouvernement. Ils préparent déjà des stratégies de transition, donc tout ça c'est déjà en marche.

Sylvain Gaudreault.

Le directeur général du Cégep de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Photo : Radio-Canada / Léa Morin-Letort

En entrevue à l’émission C’est jamais pareil, l’actuel directeur général du Cégep de Jonquière met toutefois le PQ en garde.

Je pense que le danger qui guette le Parti québécois, comme n'importe quel gouvernement minoritaire, c'est de vouloir en faire trop [et] trop vite parce que les mandats des gouvernements minoritaires sont courts. Il faut être capable de trouver l'équilibre entre en faire beaucoup et garder évidemment le pouvoir.

Des affiches d'Élections Québec.

5:23

Analyse du portrait électoral au Saguenay-Lac-Saint-Jean par Marc-Olivier Fortin.

Photo : Radio-Canada / Léa Lauzon

Sylvain Gaudreault parle en connaissance de cause, puisqu'il a été ministre des Transports dans le gouvernement minoritaire sous Pauline Marois, de 2012 à 2014.

L'ex-député commente aussi la cohabitation politique à venir entre les différents partis.

Tous les partis d'opposition ensemble peuvent renverser le gouvernement, mais il y a tellement de différences, particulièrement entre les conservateurs et Québec solidaire que je ne vois pas comment.

Avec 40 députés [pour] les libéraux, puis 19 [pour] les conservateurs, même s'ils se mettaient [tous] les deux ensemble, ce n'est pas assez pour renverser le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon.

Beaucoup de tristesse

L'ancienne ministre des Affaires municipales et responsable de la région, Andrée Laforest, s'est dite triste en voyant les résultats électoraux. Au Québec, la Coalition avenir Québec (CAQ) est passée de 90 députés en 2022 à zéro en 2026.

La troisième voie est importante. Oui il y a les péquistes, les libéraux et on était les coalistes, mais je suis persuadée que la troisième voie est là, considère-t-elle en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.

Maintenant je pense que les conservateurs ont eu plusieurs gains de la CAQ. Les anciens caquistes, d'après moi, sont allés vers les conservateurs et les libéraux aussi et un peu chez les péquistes. Mais il faut vraiment avoir une réflexion, il faut faire de gros devoirs.

En voyant les résultats du vote, celle qui a brigué la mairie de Saguenay à l'automne 2025, après avoir démissionné à titre de députée, constate que les Québécois veulent un vrai changement politique.

La CCISF aurait préféré un gouvernement majoritaire

Sur la scène économique, la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) aurait aimé plus de stabilité avec un gouvernement majoritaire, mais se dit prête à discuter des priorités avec les candidats élus, notamment des infrastructures en transport qui seront primordiales pour le développement de projets.

Une femme pose dans un bureau.

Marlène Gaudreault est la directrice générale adjointe de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay–Le Fjord.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

En ce moment, ce qu'ont besoin nos gens d'affaires, c'est de la stabilité. En ce moment, il y a beaucoup d'incertitudes. Donc ce qu'on veut, c'est vraiment de la stabilité. C'est sûr que, idéalement, ça se poursuivrait le plus longtemps afin de concrétiser le plus de projets possible. Mais, on verra ce que l'avenir nous réserve en ce sens-là, a commenté la directrice générale adjointe de la CCISF, Marlène Gaudreault.

Avec Gabrielle Morissette

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