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Pour 2026, les scientifiques de l’équipe de Fourchette bleue intégrent au guide des produits de la pêche durable l’aiglefin, le pétoncle géant sauvage et le pétoncle d’Islande.
La liste 2026 de l’écoguide repose sur l’évaluation d’une centaine d’espèces marines du Saint-Laurent, ce qui permet aux amateurs d’orienter leur choix vers des ressources dont la biomasse se porte bien, malgré l’exploitation commerciale.
Ça permet en fait à la population, puis à l’industrie de la pêche aussi de voir à une démocratisation, puis à une diversification à la fois des captures et de la consommation des produits marins , explique la directrice générale du musée scientifique Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts et fondatrice de Fourchette bleue, Sandra Gauthier.
Les gens veulent être informés de ce qu’ils consomment, veulent faire des choix judicieux, ils veulent pouvoir choisir.
Fourchette bleue continue de recommander des produits comme le flétan atlantique (nouvelle fenêtre), l’oursin, le sébaste atlantique, les algues et les mactres de Stimpson.

Oursins verts récoltés dans le Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / L'épicerie
Comme chaque année, certaines espèces s’ajoutent, mais d’autres sont retirées de la liste de Fourchette bleue.
Ainsi, trois espèces ne font plus partie de la liste, soit la grande raie, le grenadier du Grand Banc et la morue de roche (morue du Pacifique). Chaque fois qu’on retire une espèce , explique Mme Gauthier. C’est dans le but ou bien de la protéger ou bien parce qu’on on a un constat de déclin important, donc ça nous fait toujours de la peine de voir ça. On vit de petits drames à chaque fois.
Pour sa 18e année, Fourchette bleue a voulu revoir sa manière de présenter les résultats. L’industrie de la pêche a changé , observe Sandra Gauthier. Le Saint-Laurent a changé, les consommateurs ont changé et il était temps que Fourchette bleue s’arrime à tout ça. Donc c’est un peu de cette manière-là qu’on a réévalué l’éco guide.
Fourchette bleue a donc divisé ses recommandations en cinq catégories, soit celle des espèces connues, celle des espèces méconnues, mais dont la biomasse se porte bien, celles qui restent méconnues et dont l’état de biomasse est aussi inconnu et, enfin, les algues et les espèces cultivées.
Des pêcheries mal en point
Profitant de la publication de son écoguide, Exploramer n'a pas manqué de commenter l’industrie québécoise des pêches, frappée par le déclin d’espèces emblématiques comme la crevette et le turbot.
Le déclin des captures est notable, souligne la directrice du musée. On a exporté beaucoup moins de produits de la mer, pas parce qu’on voulait moins exporter, mais parce qu’on avait beaucoup moins de capture à exporter.
À cet effet, Fourchette bleue suggère une révision de la gestion des pêcheries actuellement orientée notamment vers l’exportation et le volume.

Un bateau de pêche à la crevette ancré au quai de Rivière-au-Renard en hiver. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
L’organisation, créée par le musée Exploramer, estime que des solutions comme la chasse aux phoques, l’ouverture de la pêche commerciale au bar rayé ou la pêche d’espèces envahissantes comme le crabe vert, devraient être analysées. Toutefois, ces solutions soulèvent d’autres enjeux, notamment la pêche au crabe vert qui ne va pas sans risque de contamination.
L’écoguide est aussi utilisé par Exploramer pour certifier des restaurants, poissonneries, épiceries et milieux institutionnels qui font la promotion ou utilisent les produits de la pêche durable en provenance du Saint-Laurent.


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