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Le premier financeur du cinéma français ne souhaite plus collaborer avec les signataires d’un texte dénonçant l’« emprise grandissante de l’extrême droite » sur les écrans. Parmi eux, des acteurs et des réalisateurs de premier plan.
Le premier financeur du cinéma français se cabre. À la suite de la publication par Libération d’une tribune contre Vincent Bolloré et l’« emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma, le directeur général du groupe Canal + a affirmé n’avoir plus « envie de travailler avec des gens qui nous traitent de crypto-fascistes ».
Exprimée lors d’un rendez-vous professionnel sur la Croisette, cette prise de position agite le 79e Festival de Cannes. Si Maxime Saada n’a pas précisé les contours de la mise au ban, celle-ci pourrait avoir des conséquences importantes sur le septième art. La liste de ceux qui s’inquiètent du rachat par Canal + du réseau de salles UGC comprend des professionnels, mais aussi des acteurs ou réalisateurs de premier plan.
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De Raymond Depardon à Jean-Pascal Zadi
Certains sont habitués à médiatiser leur engagement à gauche, comme Yolande Moreau, Blanche Gardin, Robin Renucci, Anna Mouglalis ou l’oscarisée Juliette Binoche. D’autres ont travaillé sur des projets estampillés Canal + ces dernières années, comme Nina Meurisse qui a porté la série La Fièvre et apparaît dans un autre programme diffusé par la chaîne cryptée, B.R.I. . Ou Florence Loiret Caille, la pimpante cadre de la DGSE dans Le Bureau des Légendes.
La liste comprend Bruno Solo, le comédien à la fibre humoristique William Lebghil, Damien Bonnard (Les Misérables ), Clotilde Hesme (Largo Winch), Rachida Brakni, Zita Hanrot, Charles Berling (Le Prénom ou La Vie d’une femme, présenté à Cannes). Mais aussi Swann Arlaud, à qui le rôle d’avocat d’Anatomie d’une chute, palme d’or 2023, a offert une notoriété internationale. Il accompagne ces jours-ci sur la Croisette Notre salut, un film sur la Collaboration réalisé par Emmanuel Marre, qui a aussi paraphé la tribune.
Vimala Pons, autre signataire cannoise, arpentait la semaine dernière le tapis rouge de La Vénus électrique. Pierre Salvadori, le réalisateur de ce long-métrage qui a fait l’ouverture du Festival, s’était montré rassurant quant au poids de Canal + dans le cinéma, affirmant qu’« il n’y a pas d’intervention sur le contenu des films ».
La réaction nuancée du CNC
Côté réalisateurs, on note parmi les signataires la présence du vétéran de la photographie Raymond Depardon. À ses côtés, Jean-Pascal Zadi (Tout simplement noir ), Amélie Bonnin (Partir un jour), Alice Douard (Des preuves d’amour ), Dominik Moll (césarisé pour La Nuit du 12 ), l’Israélien Nadav Lapid ou encore Arthur Harari, scénariste d’Anatomie d’une chute et réalisateur d’un film en lice pour la palme d’or. Ils s’expriment « contre le rachat d’UGC et contre l’emprise grandissante de l’extrême droite sur [la] profession »
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Maxime Saada a qualifié d’« injustice » cette tribune qui s’alarme d’une future « offensive idéologique sur le contenu des films ». Assez pour couper définitivement les ponts ? Alors que le sujet agite le Festival de Cannes, le président du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel, a « regretté » la décision de Canal +, tout en remettant en cause le contenu du texte.


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