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Les restrictions au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) auront de graves conséquences sur les entreprises concernées au Saguenay–Lac-Saint-Jean, selon un sondage de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Les données indiquent que ces dernières doivent s’attendre à perdre plus de 3,6 millions de dollars au cours des deux prochaines années, soit 14,7 % de leur chiffre d’affaires en moyenne.
Le sondage a été réalisé auprès de 50 entreprises de la région.
À l’échelle du Québec, la moyenne des pertes est estimée à 2,2 millions de dollars.
Depuis septembre 2024, Ottawa impose aux entreprises une limite de 10 % de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire. La limite est prise en compte lors du renouvellement des permis de travail.
Selon les données de la FCCQ, 37 % des répondants estiment que la survie de leur entreprise est mise en péril par les restrictions. Par ailleurs, 63 % d’entre eux sont d’avis que la décision d’Ottawa rend la région difficilement (57 %) ou pas du tout viable (6 %) économiquement.
De plus, plus du quart des entreprises (26 %) disent avoir refusé ou annulé des contrats, tandis que 18 % ont abandonné des projets d'investissement ou réduit leur production.
Les travailleurs étrangers temporaires à bas salaire touchent moins de 34,62 $ de l’heure, selon le seuil salarial fixé par la province. Il n'y a pas de limite de travailleurs étrangers s'ils sont considérés à haut salaire.
En Gaspésie, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) presse d’ailleurs l’entreprise LM Wind Power d’augmenter le salaire de ses travailleurs. Autrement, ce sont 140 employés, majoritairement payés 28 $ de l’heure, qui seront expulsés à l’échéance de leur permis.
Coup dur aux plans économique et humain
L’entreprise jonquiéroise STC Manufacturier, qui compte entre 12 et 15 % de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire, perdra plusieurs employés.
Le président et chef de la direction de STC Manufacturier, Martin Ouellet, s’attend à une réduction de la production et un ralentissement de la croissance.

Martin Ouellet est président et chef de la direction de l'entreprise de Jonquière STC Manufacturier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Louis Martineau
On a une bonne croissance chez STC depuis quelques années, mais cette croissance-là a été aidée par les travailleurs étrangers temporaires, explique-t-il, au micro de C’est jamais pareil, lundi.
La pandémie a été un coup dur au niveau du recrutement, raconte M. Ouellet. Avant de recourir aux travailleurs étrangers temporaires, il manquait à l’entreprise environ 20 % de sa main-d’œuvre.
On avait un contrat social avec eux. On a dit : "Venez travailler, il y a du travail en masse". Mais après ça, on a changé les règles, déplore-t-il. La décision d’Ottawa a un lourd coût économique, mais également humain, selon lui.
Certains de ses employés sont installés dans la région depuis quatre ans. C'est des gens qui ont été sélectionnés pour leurs compétences, leurs qualités, argue-t-il.
En raison du manque de main-d’œuvre québécoise, les entreprises comme STC Manufacturier sont acculées au pied du mur, estime Martin Ouellet.
Avec des informations de Frédéric Tremblay


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