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Le Conseil du patronat du Québec a joint sa voix aux entreprises québécoises qui poursuivent le gouvernement fédéral pour avoir restreint de nombreuses fois et trop rapidement le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) en 2024. Plusieurs entreprises de la région ont signé l'action collective.
Une trentaine d'entreprises du Québec poursuivent depuis l’été dernier le gouvernement fédéral pour plus de 400 millions de dollars.
Elles souhaitent être dédommagées pour la perte de leurs travailleurs étrangers.
C’est vraiment une question de vie ou de mort pour certaines entreprises. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est l’une des dernières choses qu’il nous restait à faire, souligne le vice-président politiques de main-d’œuvre et intelligence économique du Conseil du patronat du Québec, Daye Diallo.
Les entreprises allèguent que sans leurs travailleurs étrangers temporaires, elles ne peuvent embaucher suffisamment de personnel pour maintenir leur production et leur croissance. Ce qui leur causerait des pertes financières.
D’avoir des experts comme le Conseil du patronat qui pourra démontrer assez aisément l’impact des conséquences du volte-face d’Ottawa sur les entreprises québécoises, c’est nécessairement une bonne nouvelle, note Me Frédéric Bérard.
Elles prétendent également avoir investi énormément d'argent dans l'embauche et la formation de leur main-d'œuvre étrangère, avant d’être forcée de la laisser partir en raison du resserrement du programme par Ottawa.
Or, les entreprises devront en faire la preuve en cour fédérale. Mais le Conseil du patronat du Québec assure qu’il sera présent pour les appuyer.
C’est de participer à ce recours pour expliquer la situation dans l’espoir que le gouvernement fasse marche arrière et dans l’espoir que le fédéral accorde une clause grand-père aux personnes qui sont déjà présentes sur le territoire, ajoute Daye Diallo.
Des réactions jusqu’en Estrie
Comme plusieurs entreprises de la région, l’entrepreneur de Magog se réjouit de voir le Conseil du patronat du Québec se joindre au recours judiciaire.
Peter Downey, président de Solution immigration internationale, affirme avoir perdu quatre travailleurs philippins et malgaches qui participaient au bon fonctionnement de son entreprise.
Pour lui, le resserrement du PTET est un drame humain.
Du jour au lendemain, le gouvernement a décidé qu’il changeait toutes les règles du jeu. Ça met en péril des familles, dit-il.
J’ai des familles qui sont obligées de repartir. Ils ont acheté un véhicule. Ils ont acheté des meubles. Ils sont très bien intégrés dans la société, poursuit Peter Downey.
Il possède deux entreprises à Magog qui aident d'autres entrepreneurs à recruter à l'international.
Depuis qu'Ottawa a modifié, en 2024, les règles du Programme des travailleurs étrangers temporaires, il estime avoir perdu plus de six millions de dollars, l’équivalent de 75% de son chiffre d'affaires.


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