Alors que l’usage des trottinettes électriques connaît une forte progression, les comportements dangereux impliquant ces engins se multiplient. En 2025, le nombre d’accidents a augmenté de 58% en un an, selon la Sécurité routière.

Le Progrès - Aujourd'hui à 07:05 | mis à jour aujourd'hui à 07:48 - Temps de lecture :

L’augmentation du nombre de morts sur la route est liée en grande partie à la hausse de la mortalité des utilisateurs d'EDPm (+ 35 tués par rapport à 2024 et + 70 tués par rapport à 2019) Photo Adobe Stock

L’augmentation du nombre de morts sur la route est liée en grande partie à la hausse de la mortalité des utilisateurs d'EDPm (+ 35 tués par rapport à 2024 et + 70 tués par rapport à 2019) Photo Adobe Stock

Circulation sur les trottoirs, non-respect des feux tricolores et des priorités, vitesses excessives, absence d’équipements de sécurité, conduite à plusieurs…

Les infractions commises par des conducteurs de trottinettes électriques sont de plus en plus fréquentes, en particulier dans les centres urbains.

Les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés ont payé un très lourd tribu cette année puisque 80 d'entre eux ont perdu la vie en 2025, soit 35 de plus que l’année précédente.

70 morts de plus qu'en 2019 

Selon le bilan de l'Onisr (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) La part des cyclistes et utilisateurs d’EDPm a augmenté en 2025 : ils représentent 8 % de la mortalité, 21 % des blessés graves et 32 % des blessés qui garderont des séquelles 1 an après l’accident.

L’augmentation du nombre de morts sur la route est liée en grande partie à la hausse de la mortalité des usagers à pieds (+ 45 tués par rapport à 2024, + 18 tués par rapport à 2019), des occupants de VT (+ 45 tués par rapport à 2024, - 59 tués par rapport à 2019) et des utilisateurs d'EDPm (+ 35 tués par rapport à 2024 et + 70 tués par rapport à 2019).

Pour l'organisation professionelle Mobilians, « si la progression du nombre de victimes interpelle légitimement, elle s’inscrit dans un contexte de forte augmentation de la pratique. En quelques années la trottinette électrique s’est massivement développée dans l’espace public. Le nombre d’usagers est passé de quelques milliers en 2019 à bientôt 4 millions aujourd’hui. La multiplication du nombre d’usagers a donc conduit mécaniquement à l’augmentation du risque. »

Les infractions commises par les conducteurs de trottinettes électriques sont de plus en plus fréquentes. Photo Xavier Francolon/Sipa


Les infractions commises par les conducteurs de trottinettes électriques sont de plus en plus fréquentes. Photo Xavier Francolon/Sipa

Sanctionner ou adapter ? 

« Les comportements à risque des conducteurs de trottinettes électriques ne peuvent plus être ignorés. L’absence d’identification claire favorise un sentiment d’impunité et complique toute action de contrôle », déclare Philippe Nozière, Président de « 40 millions d’automobilistes ».

Mobilians de son côté rappelle que « 50% des collisions mortelles ont impliqué des chocs avec des véhicules motorisés lourds, dans des environnements où les aménagements ne sont pas toujours suffisamment adaptés ».

Comme en Espagne ? 

Le partage de la route et la cohabitation des différents modes doivent être traités en priorité dès l'apprentissage de la conduite selon Mobilians.

Pour « 40 millions d’automobilistes », la question de la responsabilisation des conducteurs de trottinettes électriques est désormais centrale. « Le développement des trottinettes électriques ne peut se faire au détriment de la sécurité. Sans responsabilisation claire des conducteurs, les comportements dangereux continueront de se multiplier », estime Pierre Chasseray, Délégué général de « 40 millions d’automobilistes ».

La solution proposée par 40 millions d'automobilistes est donc celle choisie par l'Espagne, confrontée au même problème.

« L’immatriculation permettrait notamment d’identifier les engins et de lutter plus efficacement contre les comportements dangereux. »

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