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Un tout premier prélèvement d’organes a été effectué dans la région au cours des derniers mois. Transplant Québec a pu réaliser cette première régionale au Centre multiservices de santé et de services sociaux de Ville-Marie avec la collaboration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT).
Chaque année, la région recommande des donneurs potentiels à Transplant Québec. Par exemple, en 2025, deux donneurs référencés en Abitibi-Témiscamingue ont permis la transplantation de cinq organes. Ces prélèvements sont toutefois effectués dans un centre hospitalier de Montréal ou de Québec.
Initialement, c’était surtout dans les centres urbains, dans les établissements où il y a des soins tertiaires, qu’on voyait des prélèvements d’organes, parce que les donneurs étaient transférés là nécessairement, raconte Sylvain Lavigne, directeur des soins infirmiers et du soutien aux établissements chez Transplant Québec.

Sylvain Lavigne, directeur des soins infirmiers et du soutien aux établissements chez Transplant Québec.
Photo : Gracieuseté de Transplant Québec
Or, l’évolution des pratiques et l’avènement de l’aide médicale à mourir offrent désormais de nouvelles possibilités à Transplant Québec.
Ça nous amène à déployer nos services de façon de plus en plus élargie, comme en Abitibi-Témiscamingue, où l’on a récemment fait le prélèvement d’un don après un processus d’aide médicale à mourir.
Une prévisibilité nécessaire
Puisqu’elle se planifie plusieurs semaines à l’avance, l'aide médicale à mourir offre à l’équipe de Transplant Québec la prévisibilité nécessaire pour qu’elle puisse se déplacer en région. C’est ce qui est arrivé dans ce cas-ci. Atteinte d’une maladie incurable, la mère d’Ambroise Lycke aura pu aider les autres jusqu’à son dernier souffle. Comme elle l’a fait toute sa vie, selon son fils.
Ma mère a pu savoir de son vivant qu’elle allait sauver trois personnes. Elle n'aurait pas pu avoir un plus beau cadeau à cette étape de sa vie, a confié M. Lycke, au micro de David Chabot, à l'émission Des matins en or, jeudi.
Transplant Québec entend privilégier cette façon de faire autant que possible. On veut que ces interventions-là soient faites dans un endroit près de son domicile, qu'on puisse faire ça dans un milieu, vous savez, d'une façon relativement la plus humaine possible, donc avec la famille proche. Aussitôt qu'on va avoir une situation où, dans l'évaluation qu'on fait, on pense que ce n'est pas approprié de transférer vers Montréal ou Québec, c'est sûr qu'on va envisager de le faire sur place, affirme Sylvain Lavigne.
Un travail de collaboration
Une fois que Transplant Québec a confirmé que la donneuse remplissait les conditions nécessaires, l’équipe du CISSS-AT et du Centre multiservices de santé et de services sociaux de Ville-Marie s’est mise en branle.
C’est là que j’ai embarqué dans la boucle. J’ai organisé une rencontre avec la cheffe du bloc opératoire, la santé courante pour les prises de sang, les analyses, la radiologie pour le scan, et j’ai organisé l’accueil de l’équipe de Transplant Québec, explique Sandrina Barrette, infirmière responsable en dons d'organes et de tissus au CISSS-AT.
Il fallait aussi prévoir une salle pour la famille de la donneuse afin de leur permettre de vivre ces derniers moments ensemble.
L'enjeu initial est d'avoir un local à cinq minutes du bloc opératoire pour administrer l'aide médicale à mourir. Heureusement, le bloc à Ville-Marie est vraiment convivial, donc on avait vraiment un beau local pour la famille, pour l'aide médicale à mourir à administrer, souligne Mme Barrette.
Une logistique importante
L’équipe de Transplant Québec ne dispose aussi que de quelques heures après le prélèvement pour procéder à la transplantation, donc toute une logistique a dû être mise en place.
L'équipe du Centre multiservices de santé et de services sociaux de Ville-Marie a administré l'aide médicale à mourir. Après cinq minutes, on se déplace dans le bloc opératoire et on prélève les organes. Les équipes de chirurgiens partent avec les organes, puis ils retournent à Montréal pour faire la transplantation, précise Sandrina Barrette.

Sandrina Barrette, infirmière responsable en dons d'organes et de tissus au CISSS-AT.
Photo : Gracieuseté du CISSS-AT
Une escorte policière a permis à l’équipe de Transplant Québec de se rendre rapidement à l’aéroport de Saint-Bruno-de-Guigues, où un avion nolisé l’attendait.
Cette réussite fait la fierté de l'équipe de Ville-Marie. Je ne vous cacherai pas qu’on a l’habitude que ça se passe dans les centres hospitaliers plus gros, comme à Rouyn-Noranda ou Val-d’Or. D’avoir réussi à le faire dans une petite place comme ça, puis de dire que ce n'est pas parce qu'on est loin qu'on n'est pas capables. On est vraiment fiers. C’est aussi un petit milieu. On connaît le fils de la donneuse. L’approche humaine est très particulière, confie Sandrina Barrette.


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