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Toxicomanie : une experte et le milieu communautaire divisés sur les soins forcés

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Des organismes communautaires et une experte en santé ont des opinions différentes sur le souhait du gouvernement de la Saskatchewan de forcer certains toxicomanes à suivre un traitement.

En décembre dernier, le parti de Scott Moe a présenté son projet de loi Compassionate Intervention Act (Loi sur les interventions bienveillantes, traduction libre). L’objectif est d’offrir plus de pouvoirs à la province pour autoriser ces traitements.

Le modèle sur les interventions bienveillantes vise à aider les résidents souffrant de troubles graves liés à la consommation de drogues qui ne sont pas en mesure de demander de l'aide, malgré un risque sérieux et imminent de préjudice, a précisé le gouvernement provincial au moment de la présentation du projet de loi.

L’opposition néo-démocrate a appuyé le projet de loi, mais a réclamé plus d’investissement pour soutenir les personnes qui cherchent à obtenir des soins volontairement.

Un projet de loi qui ne répond pas bien au besoin

Barbara Fornssler, professeure agrégée à l’École de santé publique à l’Université de la Saskatchewan, est spécialisée dans l’usage de substances psychoactives. Pour elle, le projet de loi, bien qu’il tente de s’attaquer à un problème en Saskatchewan, n'y répond pas bien.

La spécialiste critique, entre autres, le manque de définition et de délais prescrits, ainsi que l’absence généralisée de processus de mise en œuvre.

Elle ajoute que les meilleures pratiques de soins plaident pour une collaboration entre le patient et le médecin, ajoutant qu’il n’y a pas de données qui prouvent que les traitements imposés fonctionnent.

J’ai de grandes craintes que cela cause beaucoup de préjudices pour les gens dans la communauté qui vont perdre leur autonomie, leur prise de décision.

Pour répondre aux besoins de traitement, Barbara Fornssler réclame de nombreuses options de traitements volontaires et souhaite que la consommation de drogue ne soit pas stigmatisée. Selon elle, cela permettait d'assurer que les personnes qui souffrent de toxicomanies peuvent parler de leur préoccupation de consommation à leur fournisseur de soins de santé sans craindre de perdre [...] leur habileté à prendre des décisions médicales.

Quand les gens se sentent en sécurité pour discuter de leur santé, [...] ils ont plus de chances d’avoir cette discussion, dit-elle.

Elle invite la province à s’attaquer aux longues listes d’attente pour les traitements volontaires et à bonifier l’offre de prévention.

Les propos de Barbara Fornssler sont similaires à ceux de la Société John Howard de la Saskatchewan, un organisme qui cherche à trouver des réponses au problème de la criminalité, qui est sceptique face à la proposition du gouvernement.

L'idée d'être détenu contre son gré alors qu'aucun crime n'a été commis soulève quelques questions de notre part, explique Grace Gardner, la conseillère juridique de l’organisation.

Nous voulons nous assurer que les droits garantis par la Charte de cette personne sont protégés, ajoute-t-elle.

Une mesure nécessaire

Le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Marc Arcand, qui travaille avec les personnes en situation d’itinérance, estime que la mesure est nécessaire.

Nous voyons beaucoup de gens qui ne veulent pas d'aide. Nous devons donc prendre la décision de soutenir ces personnes, explique-t-il, soulignant que le statu quo ne fonctionne pas.

Le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Mark Arcand, le 5 avril 2024.

Mark Arcand estime que le projet de loi est nécessaire pour aider les personnes souffrant de toxicomanie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Nous devons vraiment commencer à travailler ensemble et prendre des décisions difficiles pour aider les gens, car en fin de compte, des gens meurent et c'est inacceptable.

Il donne un exemple : Une personne a fait trois surdoses une journée. Quand l'ambulance arrive et essaie de l'emmener à l'hôpital, elle refuse d’être prise en charge. Nous devons donc nous demander si ce que nous voulons continuer à faire, c'est gaspiller le temps de l’individu et des ambulanciers..

Avec les informations de Rosalie Arsenault

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