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REPORTAGE - Les premiers procès des caciques du régime el-Assad, qui viennent de s’achever, se caractérisent par un manque d’équité et de transparence.
Ahmed Badreddein Hassoun se tient debout dans le box, flanqué d’une tenue à rayures noires et jaunes. Ce lundi 24 août, l’ancien grand mufti de Syrie âgé de 77 ans est méconnaissable : ses cheveux et sa barbe ont blanchi, il est parcouru par un léger tremblement et ses yeux sont pochés. Son esprit semble loin, très loin de la quatrième Cour criminelle de Damas où se tient son procès depuis le 25 juin, comme noyé par les paroles du juge Fakhr al-Din al-Arian. Que peut bien penser à cet instant un homme accusé d’avoir utilisé la loi divine pour justifier la mort de milliers de civils exécutés par le régime de Bachar el-Assad ? Connu pour sa proximité avec le dictateur déchu, il a occupé le poste de grand mufti de 2005 à 2021.
Ahmed Hassoun reste de marbre, même lorsque le juge - qui avait été condamné à mort sous l’ancien régime - le déclare coupable « d’incitation à la guerre civile et aux affrontements confessionnels, d’incitation intentionnelle aux meurtres, de complicité de meurtres…


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