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Le port du Ndop en écharpe, une « banalisation » selon Sa Majesté Sokoudjou. Lors de l’édition 2026 de l’All Bamileke Convention (ABC) à Chicago, le roi de Bamendjou et doyen des chefs traditionnels de l’Ouest a tenu un discours ferme sur les règles entourant ce tissu emblématique des communautés bamiléké. Le genre de sortie qui, franchement, ne passe pas inaperçue dans la diaspora.
Un rappel à l’ordre sur les codes traditionnels
Sa Majesté Sokoudjou n’a pas mâché ses mots face à ce qu’il considère comme une dérive. Le port du Ndop comme simple écharpe, dit-il, ne correspond à aucune coutume établie. Certains éléments du tissu sont liés à des pratiques précises, avec une signification qui dépasse largement le choix vestimentaire.
Le roi cite notamment le cas des grands notables traditionnels en période de deuil. Pour eux, porter une pièce de Ndop relèverait d’un rituel spécifique, transmis de génération en génération. Ça pose question sur la manière dont ce patrimoine textile circule aujourd’hui hors du Cameroun, loin du regard des gardiens de la tradition.
Un point a particulièrement retenu l’attention : celui d’un Ndop remis à un responsable de la communauté bamiléké au Canada. Sa Majesté Sokoudjou a tenu à clarifier ce geste.
Il ne s’agissait pas d’une autorisation individuelle à porter librement le tissu.
Une mise au point qui tombe à un moment symbolique
Le discours est intervenu au moment précis où la délégation canadienne recevait le bâton d’organisation de l’édition 2027 de l’ABC. Un timing qui n’a probablement rien d’un hasard. C’est un rappel adressé à toute une diaspora, pas seulement à un individu ou à une délégation.
Difficile de ne pas y voir une tentative de préserver un symbole culturel face à sa diffusion parfois hors de contrôle, dans une diaspora américaine et canadienne en pleine expansion démographique. Le Ndop, tissu indigo traditionnel des chefferies bamiléké, a longtemps été réservé à des usages codifiés, entre royauté et rites funéraires.
On ne sait pas encore si ce recadrage aura un effet concret sur les pratiques vestimentaires observées lors des prochaines éditions de l’ABC. Mais le message, lui, a été livré sans détour depuis Chicago.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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