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La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, n’estime « pas important » que les Québécois sachent si elle est souverainiste ou fédéraliste.
Traitée d’« opportuniste », la veille, par son adversaire libéral, Charles Milliard, celle qui a autrefois travaillé dans un cabinet péquiste a refusé jeudi de fournir ses véritables allégeances sur la question nationale.
« Ma position personnelle n’a pas d’importance. Moi, je suis dans la position où ce n’est pas le moment de démarrer ça », a-t-elle lancé aux journalistes qui la criblaient de question au sujet de la perspective référendaire.
Relancée sur ses allégeances au « Oui » ou au « Non », elle a répété que « ce n’est pas une donnée qui est pertinente ». « Nous, on forme une coalition et on est convaincu que c’est le pire moment de démarrer une démarche référendaire. »
Directrice adjointe de cabinet pour le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée de 2012 à 2014, Christine Fréchette a convenu avoir changé d’avis sur la tenue d’une consultation populaire sur l’avenir du Québec dans les dernières années.
« À partir du moment où, par exemple, il y a eu la pandémie… Quand la société, l’économie, la façon qu’on a de fonctionner est complètement chamboulée et transformée. […] Là, on est au milieu d’une guerre tarifaire. Ça, ce sont des exemples de moments où ce n’est pas le temps », a-t-elle énuméré.
Elle a d’ailleurs reproché aux membres de son ancien cabinet d’avoir analysé « l’essentiel [de ses] décisions […] sous l’angle de : “est-ce que ça va aider ou non le référendum ?” ». « Ce n’est pas ça la grille d’analyse qui devrait nous guider », a-t-elle dit.
Sur les réseaux sociaux, Jean-François Lisée a accusé son ancienne employée de véhiculer un récit « complètement faux ».
« J’étais ministre de la Métropole, des Relations internationales et du Commerce extérieur dans un gouvernement qui ne s’était pas engagé à faire un référendum dans le mandat », a-t-il écrit. « Nous étions, elle et moi, des indépendantistes (je le suis toujours — j’espère qu’elle l’est aussi) et nous en faisions état avec nos interlocuteurs étrangers, mais pour l’essentiel nous faisions avancer nos dossiers dans l’intérêt du Québec d’abord. »
Pas d’appui au PQ, même dans un gouvernement minoritaire
Même dans l’éventualité où le Parti québécois formerait un gouvernement minoritaire et aurait besoin de l’appui d’élus de l’opposition, Mme Fréchette est convaincue de la position de ses collègues caquistes.
« Non, chez nous, on a une coalition […] regroupant des gens plus enclins vers la souveraineté, d’autres plus vers le fédéralisme. Mais on est tous d’avis que ce n’est pas le moment », a-t-elle soutenu.
Mercredi soir, à l’émission radio-canadienne Cinq chefs, une élection, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’était engagé à « appliquer [son] programme » dans un gouvernement majoritaire comme dans un gouvernement minoritaire, en allant chercher des appuis ailleurs que dans son parti.
Son homologue du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, avait pour sa part accusé Christine Fréchette de ne pas être fédéraliste, mais « opportuniste ».
Jeudi, il en a rajouté : il exige que sa vis-à-vis caquiste réponde aux questions sur ses allégeances concernant la question nationale. « Mme Fréchette en a remis une bonne couche de la confiture “confusion” en disant que maintenant elle ne répondrait pas aux questions personnelles », a lancé M. Milliard. « Si on veut faire de la politique, c’est parce qu’on est public. Alors, si on veut être le joueur au centre de la glace, on ne laisse pas ses convictions au vestiaire. »
« Je pense que ça n’a pas de bon sens », a-t-il ajouté lorsque relancé sur le sujet. « Je trouve ça honteux. »


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