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Malgré ce succès stratégique, la campagne de Marine Tondelier est toujours suspendue aux décisions du Parti socialiste et reste affaiblie par les divisions internes.

BEHROUZ MEHRI / AFP
Tondelier gagne un nouveau vote interne, mais qui ne règle pas grand-chose au bourbier des écolos
EN BREF • Marine Tondelier remporte un vote interne des écologistes, renforçant l’idée d’une candidature autonome pour 2027 si la primaire avec le PS échoue.
• Le Parti socialiste doit encore voter sur son processus de désignation, crucial pour l’union des gauches.
• Des tensions internes chez les Écologistes subsistent, avec des désaccords sur la stratégie et les alliances possibles.
Plus qu’un succès, un signal. Marine Tondelier sort renforcée d’un nouveau vote interne des adhérents écologistes en vue de l’élection présidentielle 2027. Selon les résultats dévoilés par le parti ce lundi 6 juillet à la mi-journée, ceux-ci ont approuvé à 65 % (contre 34 %) la stratégie qui leur était soumise et qui renforce l’idée d’une candidature autonome des verts en cas d’échec de la primaire avec le Parti socialiste.
« Les Écologistes réaffirment leur souhait de réaliser une primaire rassemblant la gauche et Les Écologistes », est-il écrit dans le texte mis au vote, mais « si cette solution devait ne pas aboutir, nous poursuivrons notre campagne pour la présidentielle de 2027 autour de nos valeurs, de nos idées et de notre candidate Marine Tondelier. » Comme un avertissement.
Pour la patronne du parti, candidate à la présidentielle - via la primaire pour l’instant -, ce « sondage d’opinion interne » a effectivement permis à ses militants d’envoyer un « message extrêmement clair », à l’attention de leurs partenaires, avant tout. « Cela va nous aider à guider nos prochaines décisions, notamment dans le cas où la primaire échoue », a explicité Marine Tondelier, lors d’une conférence de presse en visio.
Stratégie suspendue aux choix du PS
De fait, ce nouveau succès interne ne change pas grand-chose pour l’instant à la course entravée des écologistes. Marine Tondelier et la direction du parti, premier soutien de la primaire, sont effectivement suspendues aux décisions du PS, lui-même embourbé dans des questions internes. Les militants socialistes sont, eux, appelés à se prononcer vendredi 9 juillet, pour trancher sur le processus de désignation de leur propre candidat, avant de parler quelconque départage commun aux autres formations.
La première option, soutenue par Olivier Faure, souhaite que ce premier scrutin soit ouvert aux sympathisants et n’exclut pas l’organisation d’une seconde primaire ensuite avec le reste de la gauche non mélenchoniste (les écologistes, François Ruffin, Clémentine Autain...) La seconde option souhaite qu’il soit réservé aux seuls militants du PS et de Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann, et n’envisage pas de seconde primaire ensuite.
C’est donc de ce vote-là que dépend en grande partie l’avenir des unionistes pour 2027, comme l’ont rappelé plusieurs cadres écolos ce lundi. « Le seul vote qui serait responsable de la part des socialistes est un vote pour la primaire, c’est le chemin le plus efficace, propulsif pour une candidature commune en 2027 », a par exemple plaidé la députée Léa Balage El Mariky devant la presse, rappelant que son camp n’entendait pas se ranger derrière un concurrent qui ne passerait pas par la case départage. Encore moins après le vote du texte sur l’autonomie des écologistes.
Les doutes en interne
Reste que ce léger plébiscite aura du mal à tarir les doutes qui affleurent au sein même du parti. Outre les désaccords majeurs exprimés par Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, le premier favorable à la candidature de Raphaël Glucksmann, la seconde davantage tournée vers Jean-Luc Mélenchon, mais tous deux rétifs à une candidature solitaire, plusieurs cadres écolos regrettent la stratégie adoptée par leur direction. Cyrielle Chatelain a mené la charge la semaine dernière.
Dans un message interne cosigné par 12 autres parlementaires écologistes, la présidente du groupe à l’Assemblée nationale a effectivement plaidé pour « sortir du tête-à-tête avec le Parti socialiste et lancer des discussions avec LFI ». « On ne discutait pas avec eux, car on était dans le cadre de la primaire. Dès lors que cette primaire n’existe plus, il faut rouvrir les discussions avec » les mélenchonistes, explique-t-elle ce mercredi dans les colonnes du Monde, estimant que le parti sera « face à un des grands débats charnières de l’écologie politique » dans la campagne présidentielle.
De ces questions, cruciales, le texte adopté aujourd’hui et présenté par la direction du mouvement ne dit pas grand-chose. Gageons, alors, dans un contexte où la candidature de Marine Tondelier ne bénéficie d’aucune dynamique dans les sondages d’intentions de vote, qu’il ne réglera pas les tiraillements qui plombent toujours le parti. Ceci, à moins que l’appel à la « responsabilité collective », formulée par la secrétaire nationale ce lundi, pour garder le mouvement « soudé, cohérent, lisible et audible » soit entendu. Le plus dur continue.


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