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Thomas Pesquet commandant : ce que sa future mission révèle du nouvel ordre spatial

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Thomas Pesquet commandant. Rien de nouveau pour l'astronaute français qui a déjà assuré cette fonction en 2021 à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Seulement, cette fois il y a du nouveau.

En juillet 2027, il devrait s'envoler à bord d'un vaisseau Crew Dragon de SpaceX pour un troisième séjour dans l'ISS. Et cette fois, c'est lui qui sera commandant de vol, aux côtés du tchèque Aleš Svoboda en pilote et du grec Adrianos Golémis dont le nom a été récemment annoncé. Une première pour un Européen à bord d'un vaisseau estampillé États-Unis.

D'ailleurs, cela sonne comme une suite logique puisque Thomas Pesquet était déjà le premier Européen à s'essayer à ces capsules Dragon lorsque celles-ci ont été lancées, c'était en 2021.

L'équipage commandé par Thomas Pesquet pour la mission PAM-1 à bord de l'ISS. © ESA

Le spatial privé : mode d'emploi

Cette évolution en dit long sur l'évolution du secteur spatial. Une évolution qui est en cours depuis déjà quelques décennies, mais qui devient d'autant plus visible aujourd'hui, alors que l'ISS se prépare à une future retraite bien méritée et qu'il n'y a pas de programmes gouvernementaux pour prendre la suite, au bénéfice des acteurs privés.

Mauve est un satellite spatial dont le lancement est prévu d'ici novembre 2025. © ✶ Imaginé par XD | Codé avec ChatGPT

C’est le premier télescope spatial privé de l’histoire, et il pourrait bouleverser la recherche astronomique  

Le télescope britannique Mauve doit être lancé avant la fin de l'année. Ce projet privé développé en un temps record doit partir à la rencontre des exoplanètes, et tout particulièrement de celles qui pourraient être habitables.... Lire la suite

Si SpaceX a su jusque-là jouer le rôle d'intermédiaire entre, d'un côté, les programmes publics et les agences spatiales internationales, et de l'autre, le monde des entreprises et des start-up, d'autres acteurs pointent le bout de leur nez.

La future station Haven qui doit être lancée dans environ un an. ©Vast

Ainsi, Thomas Pesquet commandera une mission privée à bord de l'ISS. La première de la part d'une toute jeune entreprise née en 2021, Vast. La start-up ne voit d'ailleurs ce séjour de deux semaines non pas comme une consécration, mais comme une simple étape avant un objectif plus ambitieux : construire sa propre station spatiale privée.

Un but final que l'on retrouve aussi chez Axiom, l'entreprise qui a organisé toutes les autres missions privées dans l'ISS et qui espère voir sa station orbiter prochainement autour de la Terre. À chaque fois le même schéma : l'ISS vue comme un terrain d'entraînement avant le grand saut pour une station privée.

Un accès plus facile, mais...

Dans ce futur du spatial où le rôle des entreprises sera plus important, l'accès à l'espace pour les astronautes pourrait être plus facile, et potentiellement moins dominé par les États-Unis. S'il y a plus de monde, il y a plus de place, y compris chez des pays européens.

Ici, les missions impliquent des astronautes de nationalités diverses. Avant PAM-1 embarquant un Français, un Grec et un Tchèque, les missions d'Axiom ont aussi vu un Israélien, des Saoudiens, un Turc, un Suédois, un Indien, un Polonais et un Hongrois. Ce qui change un petit peu des drapeaux russes et étatsuniens omniprésents.

Arnaud Prost. © Daniel Chrétien, Futura

Rencontre avec l'astronaute Arnaud Prost

Qu’est-ce qu’un astronaute de réserve ? C’est une originalité de la sélection 2022 de l’Agence spatiale européenne. Arnaud Prost est un des onze astronautes réservistes sélectionnés. Il est français, il a 30 ans, on découvre son poste à l’occasion d’un entretien exclusif avec Futura.... Lire la suite

En revanche, si ce monde du spatial privé peut paraître plus ouvert, il reste à la merci de préoccupations commerciales majeures. Les astronautes sont choisis en fonction des contrats passés avec les pays, les entreprises qui organisent les séjours se doivent d'être rentables, avant d'espérer obtenir une valeur scientifique à leur déroulement. Et surtout, il faut se rappeler que les principaux gagnants sont les entreprises elles-mêmes.

La future station spatiale commerciale Axiom dont les modules pressurisés seront construits par Thales Alenia Space. © Axiom Space

En France, Emmanuel Macron et l'Agence spatiale européenne ont largement salué l'accord réalisé avec Vast, mais pendant ce temps, les scientifiques françaises dénoncent un cadeau à la start-up, et un renoncement pour le vol habité européen. Au lieu de défendre une souveraineté spatiale et une autonomie dans les lancements, l'Europe envoie ses astronautes dans une fusée et un vaisseau de SpaceX pour remplir une mission destinée à Vast puis dans la propre station de l'entreprise. Difficile, dans les moments où les budgets dédiés à la recherche sont en crise, d'y voir un quelconque bénéfice national.

Certes, aujourd'hui nous avons une astronaute française à la tête d'une mission. Mais cela ne doit pas faire oublier le monopole qui est en train de se constituer derrière.

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