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Elles tournoient en moyenne 26 minutes avant de se poser pour la nuit : des chercheurs ont compris pourquoi les nuées d’étourneaux s’éternisent certains soirs

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Une nuée d’étourneaux met en moyenne 26 minutes à tournoyer avant de plonger vers son dortoir. C’est la durée relevée dans une vaste enquête de science participative, menée surtout au Royaume-Uni. La présence de rapaces (busard, faucon pèlerin, épervier) va de pair avec des nuées plus grandes et plus longues. Les auteurs en tirent une conclusion : ces ballets serviraient d’abord à se protéger.

Précision utile : ces travaux datent de 2017, ils ne sortent pas du laboratoire cette semaine.

À retenir

  • Une nuée d’étourneaux tournoie en moyenne 26 minutes avant de rejoindre son dortoir.
  • La présence de rapaces accompagne des nuées plus grandes et plus longues.
  • Des rapaces ont été observés lors de 29,6 % des murmurations étudiées.
  • La plus grande nuée recensée comptait 750 000 oiseaux.

Sommaire

  1. Plus de 3 000 nuées observées par des bénévoles
  2. Quand un faucon passe, la nuée prend son temps
  3. Votre automne, en levant les yeux au crépuscule

Plus de 3 000 nuées observées par des bénévoles

L’équipe d’Anne Goodenough, de l’université de Gloucestershire, a demandé à des volontaires de signaler les murmurations qu’ils croisaient. Sur deux ans, plus de 3 000 observations ont été réunies dans 23 pays. Les données britanniques dominent largement. La première année a porté sur la taille et la durée selon le lieu, la saison, l’heure et l’habitat ; la seconde, sur la température ainsi que sur la présence et le comportement des prédateurs. Selon les auteurs, cette méthode permettait pour la première fois une analyse robuste des déclencheurs possibles du phénomène.

Deux familles d’explications s’affrontaient. Les hypothèses du « plus sûrs ensemble » invoquent la dilution, la détection ou la confusion des prédateurs. L’hypothèse du « plus chaud ensemble » suppose que les oiseaux recrutent des congénères pour former un dortoir plus gros, donc plus chaud.

La taille des nuées augmente significativement d’octobre à début février, puis diminue jusqu’à la fin de la saison, en mars. La moyenne atteint 30 082 oiseaux, et le maximum relevé, 750 000. Ce record équivaut à près de neuf fois la capacité du Stade de France, soit environ 80 000 places.

Quant à l’habitat, il n’a aucune association avec la taille ni la durée.

Quand un faucon passe, la nuée prend son temps

La durée moyenne de 26 minutes s’accompagne d’une erreur standard de 44 secondes. Elle varie beaucoup selon la date : les spectacles sont les plus longs en début et en fin de saison, probablement à cause d’un lien positif avec la durée du jour. La température compte aussi, de façon négative, mais son effet est bien plus faible que celui de la longueur du jour.

Reste le facteur qui retient le plus l’attention. Des rapaces ont été notés lors de 29,6 % des murmurations, soit près d’une sur trois. Leur présence est positivement corrélée à la taille (R² = 0,401) et à la durée (R² = 0,258) de la nuée. Le lien ressort surtout quand ces oiseaux volent près des étourneaux ou les attaquent activement.

La fin du spectacle change aussi : en présence d’un prédateur, la nuée a statistiquement plus de chances de s’achever par une descente en bloc au dortoir. Sans prédateur, elle a plus souvent tendance à se disperser depuis le site.

Corrélation n’est pas causalité, et l’étude ne prétend pas qu’un faucon suffit à allonger la danse. Ses auteurs concluent que les murmurations seraient avant tout une adaptation face aux prédateurs, plus qu’un moyen de réchauffer le dortoir. Anne Goodenough a résumé l’idée à BBC Science Focus : attaquer toute une nuée reviendrait à « jongler avec de la suie ».

Votre automne, en levant les yeux au crépuscule

En France aussi, les dortoirs d’étourneaux rassemblent de plusieurs milliers à plusieurs centaines de milliers d’oiseaux en automne et en hiver, et les populations du nord et de l’est de l’Europe migrent vers le sud-ouest. À la tourbière de Baupte, dans la Manche, on en comptait 500 000 en 2016.

Nous n’avons trouvé aucune donnée française sur le même effet.

En levant les yeux près d’une tourbière, d’un plan d’eau ou d’un dortoir connu des ornithologues locaux, vous pouvez refaire l’expérience à petite échelle. En chronométrant l’intervalle entre l’arrivée des premiers oiseaux et la descente, vous obtiendrez votre propre durée, à comparer aux 26 minutes britanniques. Et en scrutant le ciel au-dessus de la nuée, vous verrez peut-être passer un épervier ou un faucon, présence que l’étude associe à une descente groupée.

Un point de méthode mérite d’être gardé en tête : d’après la figure consacrée aux prédateurs, les données de la seconde année (2015-2016) portent sur 1 134 murmurations, un échantillon plus restreint que les 3 000 annoncés au total. Les chiffres cités ici viennent surtout du Royaume-Uni, et rien ne permet d’affirmer que les nuées françaises se comportent exactement de la même façon.

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