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Laurent Astier, auteur du polar Cellule Poison (Dargaud), de L'enquête des enquêtes (Dargaud, avec Denis Robert), de Comment faire fortune en juin 40 (Casterman avec Fabien Nury et Xavier Dorison) ou d'un roman graphique plus personnel La force de vivre (Rue de Sèvres) n'est ni du genre à tirer un récit en longueur, ni à s'enfoncer dans un registre précis.
Pourtant, après cinq tomes de son western La Venin, mettant en scène une femme de caractère, rattrapée par d'autres femmes tout aussi indépendantes et opiniâtres, dans les États-Unis en pleine construction, il nous revient avec The Venom Show qui a toutes les allures d'une suite, même si la nouvelle saga, annoncée en deux tomes, peut se lire sans avoir le bagage de la série.
The Venom show, la suite de La Venin. ©Rue de SèvresLa faute à McKinley
"En fait, dès la fin du tome 4 de La Venin, j'avais des envies de poursuivre l'aventure, notamment parce que j'ai rencontré la personnalité de William McKinley (25e président des États-Unis, républicain, assassiné en septembre 1901, quelques mois après sa réélection pour un second mandat, NdlR). La conquête des territoires était terminée et c'est lui qui a commencé à lorgner vers le sud du continent. C'est lui qui a eu des visées qu'on pourrait appeler impérialistes".
L'idée de faire sortir ces dames des frontières du pays a donc germé dans la tête de l'auteur qui, après un paquet de lectures historiques, a décidé de mettre le cap sur le Panama.
"J'avais une vraie envie de raconter la grande histoire et de venir y glisser quelques petites péripéties avec mes personnages qui se présenteraient comme de simples actrices en tournée. Mais, évidemment, derrière le rideau, elles ont une vraie mission, que l'on découvrira pleinement lors du second volet de ce cycle."
Des États-Unis qui interviennent dans des pays du sous-continent, ce n'est pas sans rappeler certains faits actuels, sous la présidence d'un autre Républicain ?
"Je suis rattrapé par l'actualité. Quand j'ai commencé à travailler ce thème, Joe Biden était à la Maison-Blanche et il semblait impensable que Donald Trump puisse revenir. Par contre, il est vrai que Trump a plusieurs fois évoqué le président McKinley comme une référence".
Cap donc sur le Panama pour cet équipage pas comme les autres. Dès les premières cases, on entre dans un décor foisonnant, des couleurs vives, une ambiance chaude. "Je voulais faire sentir cette chaleur, je voulais voir mes personnages évoluer dans un contexte changeant. Et je veux les pousser à aller encore plus loin, c'est pour ça que j'ai plusieurs cycles en tête. Cela permettra aussi de découvrir comment ce continent a vécu le début du XXe siècle. Il y a un tas d'événements à raconter et qui se collent bien à ces personnages".
The Venom show, Laurent Astier, Rue de sèvres, 84 pp.
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