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Fidèle au charme des trois saisons diffusées sur Disney+, le film avec Pedro Pascal et « Baby Yoda » manque cruellement de surprises et d’ampleur.
Difficile de se souvenir d’un film estampillé Star Wars sortir dans une telle indifférence. C’est pourtant ce mercredi 20 mai, en plein Festival de Cannes, que The Mandalorian and Grogu débarque dans nos salles obscures pour offrir une aventure à rallonge à Pedro Pascal et son fidèle acolyte, affectueusement surnommé « Baby Yoda » par les fans.
Diffusée pour la première fois sur Disney+ en 2019, la série The Mandalorian avait pour objectif de casser les codes de la plus grande franchise du cinéma américain et l’ambition de renouer avec les origines artistiques de la saga. Exit l'ordre Jedi et ses sabres laser, place à un chasseur de prime solitaire roulant sa bosse loin de la grande histoire galactique.
Trois saisons durant (auxquelles il faut ajouter la mini-série The Book of Boba Fett), The Mandalorian misait sur le format sériel (un épisode, une aventure) pour dérouler son fil rouge autour du fameux personnage de Grogu, jeune protégé légèrement encombrant de Din Djarin, incarné par Pedro Pascal. Malgré l’essoufflement au fil des saisons, la série avait été très positivement accueillie. D’où l’idée d’étendre ce succès sur grand écran.

Lucasfilm Ltd
L’étonnant duo formé par « Baby Yoda » et Pedro Pascal dans « The Mandalorian and Grogu » fait ses débuts au cinéma après avoir séduit le public de la plateforme Disney+.
Pour ce passage au cinéma, le réalisateur Jon Favreau (déjà créateur et showrunner de la série) reproduit exactement la recette qui a fait le succès de la série. C’est autant une qualité qu’un défaut, car rien de surprenant ne vient secouer cet appendice de l’univers Stars Wars.
Le charme de la recette Disney+
Dans The Mandalorian and Grogu, notre duo au service de la Nouvelle République est embarqué dans une double mission : il faut, d’une part, secourir le fils du célèbre Jabba Le Hutt, un certain Rotta, campé par Jeremy Allen White. De l’autre, traquer l’un des derniers seigneurs de guerre impériaux encore en activité après la chute de l’Empire.
Une mission périlleuse, pleine de rebondissements et de péripéties, parfaitement à l’image de ce qui faisait le sel de la série. On retrouve ainsi avec plaisir la dynamique père-fils attendrissante entre Din Djarin et Grogu, l’ambiance bricolée et faussement cheap ou l’emblématique musique de l’oscarisé Ludwig Göransson avec son mélange de sonorités western et SF, ponctué de notes tribales. Quant aux effets pratiques, ils sont toujours parfaits pour donner vie à Grogu ou aux Anzellan, ces petits mécaniciens déjà aperçus dans Star Wars : L’Ascension de Skywalker.
Course-poursuite, embuscades, affrontements contre l’étonnant bestiaire de l’univers Star Wars, bêtises et mignonneries de Grogu… L’intégralité de la recette mise en place sur Disney+ fait son retour. Sans oublier les éternels clins d’œil aux fans de la saga, mais aussi aux amateurs de cinéma (coucou Martin Scorsese).
Grogu en vedette, mais sans vraies surprises
On regrettera toutefois que The Mandalorian and Grogu n’ait rien de plus à offrir. En passant du format série (de 30 minutes par épisode) à un film de 2h10, on pouvait légitimement espérer plus. Plus d’ampleur et d’enjeux dramatiques, voire une exploration plus poussée des origines et pouvoirs de Grogu. Il ne faut vraiment pas compter là-dessus.
Le charme de la série demeure, mais se heurte au format cinématographique qui donne l’étrange impression d’assister à un double ou triple épisode final de série au cinéma, le grand spectacle en moins. D’ailleurs, Pedro Pascal peine à relever le niveau par ses talents d’acteur. Il faut dire qu’à l’exception d’une scène, il est constamment contraint par son iconique casque métallique. Même constat avec l’ajout de l’excellente actrice Sigourney Weaver au casting, puisqu’elle en est réduite à faire de la figuration, certes appréciable, mais de la figuration quand même.
Le film manque aussi cruellement de surprises. Excepté cette longue séquence où Grogu devient véritablement le personnage principal de l’histoire pour venir en aide à son père adoptif. Un changement de point de vue presque contemplatif qui n’avait jamais été assumé de la sorte sur Disney+. On soupçonne toutefois que cette séquence serve uniquement à justifier l’ajout de « Grogu » dans le titre. Le film nous laisse donc avec le sentiment que les aventures du Mandalorian avaient beaucoup plus d’intérêt et de charme sur petit écran.

Lucasfilm Ltd
Grogu vit sa propre aventure à l’intérieur du film « Star Wars » en salles ce mercredi 20 mai.
Pour conclure, il faut quand même préciser que The Mandalorian and Grogu ne s’adresse pas uniquement aux fans. Le film part du principe que son duo est désormais identifié et connu de tous. Il ne cherche donc jamais à rattacher artificiellement les wagons avec les intrigues passées ou à insérer d’anciens personnages au chausse-pied. Ce qui aurait été un vrai frein pour un public curieux mais peu motivé à l’idée de rattraper trois saisons avant de se rendre en salles. Ce qui en fait une œuvre qui existe par elle-même, un point à mettre au crédit du film. Dommage qu’il ne s’agisse que d’une aventure de plus, sympathique mais tout sauf mémorable.


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