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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 14/10/2026 à 14h56, mis à jour le 14/10/2026 à 15h25
La présidente de la BCE estime que si la fièvre sur le marché obligataire ne concerne pas seulement Paris, le cas français est particulier et doit se régler en adoptant un budget 2027 équilibré.
Passer la publicité Passer la publicitéLes moyens d’enrayer l’envolée des taux de rendement sur la dette française «doivent être d’abord trouvés en France» au niveau du budget, afin de rassurer les marchés, a estimé la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, ce mercredi 14 octobre. La fièvre sur le marché obligataire «ne se limite ni à l’Europe ni à la France, cela touche l’ensemble de la planète. Cela dit, certaines circonstances particulières font que certains pays sont plus durement touchés - la France en est un exemple frappant», a-t-elle insisté lors d’un évènement organisé par la chaîne de télévision CNN à Bangkok.
Dans cette intervention en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, elle a jugé que c’était avant tout à Paris de rassurer les investisseurs en affichant son sérieux budgétaire. «En ce qui concerne la France, la solution se trouve d’abord et fondamentalement en France, au niveau de la politique budgétaire», a averti Christine Lagarde, semblant minimiser la possibilité d’une intervention de la BCE sur le marché obligataire.
Instabilité politique
L’examen du budget 2027 a démarré mardi à l’Assemblée nationale, avec l’ambition de retrouver l’an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l’approche de l’élection présidentielle l’an prochain. Or, sur le marché de la dette, la France pâtit particulièrement des interrogations sur sa stabilité économique et politique : son taux d’emprunt à 10 ans s’approche des 5%.
Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin, également présent à Bangkok, avait appelé plus tôt mercredi les parlementaires et l’exécutif français à «prendre leurs responsabilités» sur le budget. «Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu’un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement», a-t-il rappelé, dans une allusion apparente à l’article 49.3 ou au recours à des ordonnances.
La situation française attire aussi l’attention du FMI. «La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante», a observé à Bangkok devant la presse la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva. «Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d’inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu’aux investisseurs», a-t-elle averti.


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