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Lecornu et les influenceuses coquines
Ce n’est plus Parcoursup, c’est Parcours Inf !
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont présenté lors d'une conférence de presse les conclusions de la consultation nationale lycéenne. Paris, 26 octobre 2026 © ISA HARSIN/SIPA
Abandon-refonte de Parcoursup, travaux, ouverture de 15 000 nouvelles places dans le supérieur : le gouvernement a annoncé hier une série de mesures à destination des lycéens. Ces derniers ne décolèrent pas pour autant et appellent à poursuivre la mobilisation, d’autant plus que leurs syndicats sont furieux d’avoir été reçus après les « influenceurs » d’Internet.
Curieusement, les mesures du gouvernement pour les lycéens ont été annoncées par des influenceurs. C’est un pataquès très significatif. Avant 14 heures, les journalistes qui poirotaient devant Matignon en attendant la délégation lycéenne ont vu sortir des « influenceuses éducation », dont deux se sont complaisamment exprimées[1], critiquant vertement des mesures qu’elles n’étaient pas censées divulguer.
Syndicats ulcérés
Une dizaine de ces influenceurs avaient été contactés en DM dimanche par le Premier ministre, qui souhaitait savoir ce qu’ils pensaient des attentes des jeunes et leur présenter ses propositions. Le gouvernement a si peu d’antennes et de relais dans la jeunesse qu’il a besoin du truchement des stars des réseaux sociaux, qu’il dénonce par ailleurs.
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Comme si le nombre de followers valait brevet de représentativité. Et puis, influenceurs, ça fait moderne. Résultat : un effet d’annonce totalement raté et des syndicats lycéens ulcérés de n’avoir pas eu la primeur des propositions.
Certes, c’est de l’amateurisme. Mais, au-delà de cette erreur de communication, que penser de ces mesures ? Même si on ignore où le gouvernement compte les trouver, affecter 4 milliards à la rénovation des lycées semble raisonnable. Des groupes de travail sur les emplois du temps ou la pression scolaire, c’est inutile mais ça ne mange pas de pain. Renoncer à supprimer des postes de professeurs, même si beaucoup de profs sont inemployés, admettons.
Reddition
Mais sur Parcoursup, le gros morceau, la reddition est engagée. Derrière évidemment, la question de la sélection. Pour cette année, il n’y a rien de notable de prévu, sinon l’obligation de motiver les refus sur la fameuse plateforme (ce qui va considérablement alourdir le processus) et la création de 15 000 places, essentiellement en BTS, dont les entreprises apprécient les diplômés. On est loin des 250 000 places universitaires exigées pour que chaque bachelier puisse suivre les études de son choix. M’empêcher d’entrer à Polytechnique parce que je suis nulle en maths, c’est une odieuse discrimination.
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La suite est plus inquiétante encore. Le gouvernement va co-construire un nouveau système avec les lycéens. Au lieu de jouer son rôle d’adulte, on raconte à des adolescents qu’ils savent ce qui est bon pour eux. Pourquoi ne pas leur demander d’écrire les programmes scolaires ?
Le gouvernement refile cet encombrant bébé à son successeur. Et lui laissera aussi une jeunesse galvanisée par la certitude qu’elle a raison de casser, de bloquer et d’exiger un doctorat pour tous. D’ailleurs, les contestataires ne vont pas lâcher. Et ils ont raison, puisque le message qu’on leur adresse, c’est que la violence paie.
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Jacques Cardoze, après le journal de 8 heures.
[1] Mathilde « Study » et Anna Baldy alias « Grande Bavardeuse » NDLR.
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