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Tempêtes à répétition : phénomène normal ou signal inhabituel ? Les explications de Karine Durand

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Chaque semaine ou presque, une nouvelle tempête semble se diriger vers la France, avec déjà trois événements lourds de conséquences depuis le 1er janvier. Si l'on remonte un peu plus en arrière dans la saison, une autre tempête avait secoué la France, Benjamin, le 23 octobre 2025. Nils, Goretti et Benjamin ont même atteint le stade de « forte tempête », avec des rafales supérieures à 120 km/h sur terre.

La France est touchée par une à cinq tempêtes par an en moyenne, même si le nombre est assez variable d'une année à l'autre. Janvier et février sont les deux mois les plus tempétueux de l'année, il n'est donc pas étonnant d'avoir des tempêtes, même fortes, à cette époque. Rappelez-vous de la tempête Xynthia en février 2010, de Viviane en 1990 ou encore d'une forte tempête (non nommée) en février 1984. Mais ce défilé de tempêtes très rapproché, avec des rafales records dans certains départements (spécialement lors de la tempête Nils), interroge.

???? La tempête Nils abat des milliers d'arbres dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, ici à Salses-le-Château. Les rafales atteignent 130 à 150 km/h sur la plaine littorale ! (© Jean-Sébastien Gantou) pic.twitter.com/OvuuaFXa8x

— Météo Express (@MeteoExpress) February 12, 2026

Il n’y a pas plus de tempêtes que dans le passé

D'un côté, la variabilité naturelle du climat entraîne des situations différentes d'une année sur l'autre et ces dernières années, nous nous étions habitués à connaître peu de tempêtes. De 15 tempêtes en moyenne par an dans la décennie de 1980 à 1990, nous sommes passés à « seulement » une à cinq tempêtes par an en moyenne depuis 2000. En un mois et demi en 2026, la France en a déjà connu trois, mais nous sommes au cœur de la période la plus à risque, la suite de l'année sera peut-être nettement plus calme... ou pas !

Le nombre de tempêtes varie énormément d'une année à l'autre, mais d'une manière générale, il y a moins de tempêtes qu'avant en France. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il y en aura de moins en moins dans le futur : les climatologues n'arrivent pas, pour le moment, à élaborer une tendance sur l'évolution future du nombre de tempêtes européennes. Cependant, les risques associés aux tempêtes sont plus grands de nos jours que dans le passé, et cela pour des raisons multiples : le réchauffement climatique provoque une hausse des niveaux de la mer et il renforce l'intensité des pluies, ce qui entraîne des tempêtes aux impacts potentiellement plus violents. Le risque de submersion marine lors d'une tempête est plus important avec un niveau de la mer plus élevé et des pluies plus abondantes. L'urbanisation a nettement progressé en 40 ans, ce qui explique aussi qu'il y ait plus de dégâts, et donc, que ces tempêtes nous marquent énormément.

En 2026, la Bretagne a la plus forte anomalie de pression du monde !

Mais d'un autre côté, la situation que nous connaissons depuis début 2026 est quand même remarquable, voire même exceptionnelle en ce qui concerne l'ouest de la France. L'observatoire Keraunos annonce justement que « c'est au large de la Bretagne que se situe depuis le 1er janvier la plus forte anomalie négative de pression observée sur la planète : écart à la normale de -19 hPa, une valeur remarquable pour une moyenne sur 45 jours. D'où le défilé ininterrompu de perturbations depuis le début de l'année sur la France ».

????️C'est au large de la Bretagne que se situe depuis le 1er janvier la plus forte anomalie négative de pression observée sur la planète : écart à la normale de -19 hPa, une valeur remarquable pour une moyenne sur 45 jours. D'où le défilé ininterrompu de perturbations depuis le… pic.twitter.com/tPYnjhRdoi

— Keraunos (@KeraunosObs) February 17, 2026

Le nombre de tempêtes déjà enregistré est si grand en 2026 sur l'ouest de l'Europe que la liste officielle des noms de tempêtes risque d'être épuisée prochainement. En ce qui concerne les tempêtes qui frappent la France, le groupe de pays comprenant l'Espagne, le Portugal, la Belgique, le Luxembourg et la France avait prévu une liste de 21 noms pour couvrir la période de septembre 2025 à août 2026. Or, nous sommes en février, et après le passage de la tempête Pedro, il ne restera plus que 5 noms, pour plus de 6 mois à tenir.

Depuis janvier, toutes les dépressions qui se forment au-dessus de l'océan Atlantique n'ont d'autre choix que de foncer vers le sud-ouest de la France et le Portugal. Elles sont coincées entre un anticyclone très puissant positionné en Scandinavie et un autre anticyclone au nord du Maghreb. Le jet stream est donc dévié de sa position habituelle en hiver, il circule plus au sud que d'habitude et il dirige les dépressions vers la France et le Portugal. La récurrence de cette situation fait pour le moment partie des mystères de la météo, et des études scientifiques seront nécessaires pour arriver à comprendre pourquoi ce même scénario météo se répète depuis un mois et demi.

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