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Eunju Kim a quitté la Corée du Nord il y a vingt ans mais le souvenir des exécutions publiques reste vif. Malgré la répression et un contrôle strict d'internet, la population continue de braver les interdictions imposées par le régime.
Publié le 01/07/2026 17:08
Temps de lecture : 2min
Le Parlement nord-coréen, à Pyongyang, en août 2019. (YONHAP NEWS AGENCY / MAXPPP)
Comme tous les trois ans, le Congrès mondial contre la peine de mort se tient. Organisé par l'ONG française Ensemble contre la peine de mort, il réunit pendant trois jours, des militants, des avocats et des responsables politiques venus du monde entier. En 2026, il se déroule à Paris, à la Maison de la Radio et de la Musique, où franceinfo a pu rencontrer Eunju Kim, une jeune transfuge nord-coréenne venue témoigner de la situation dans son pays d'origine où la peine capitale est encore en application.
Elle n'oubliera jamais la première exécution publique à laquelle elle a assisté petite fille, même trente ans plus tard. "Lorsque les neuf coups de feu ont retenti, la cervelle de l'homme a explosé et ses entrailles sont sorties de son ventre. Des enfants qui en temps normal auraient pleuré la mort d'un chiot sont restés pétrifiés et silencieux. Dès notre plus jeune âge, on nous apprenait que tout ce que faisait l'État était juste. Notre rôle n'était pas de poser des questions", raconte la militante, hantée par le souvenir.
"Le but de l'exécution publique est d'instiller la peur, de semer la terreur chez les gens pour qu'ils voient ce qui peut leur arriver s'ils ne respectent pas les règles en vigueur" en Corée du Nord, explique Elizabeth Salmon, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée. "Exécuter des personnes en public est contraire au droit international," rappelle-t-elle.
Eunju Kim quitte la Corée du Nord dès 2006, en compagnie de ses parents, afin de fuir la répression impitoyable du régime de Kim Jong-il. Depuis, son fils Kim Jong-un lui a succédé en décembre 2011 et n'a fait que durcir l'application de la peine de mort en faisant passer six nouvelles lois. Parmi elles, le partage des contenus venus de l'étranger est désormais passible de la peine capitale.
Le risque d'une mort certaine en cas d'écart n'empêche toutefois pas "les Nord-Coréens, en particulier les jeunes générations, vraiment [d'être] fascinés par tout ce qui provient du monde extérieur. Les informations, les séries, la musique. Le partage de contenu est illégal, mais ils le font même s'ils savent qu'ils risquent de perdre la vie", détaille la militante.
Malgré un contrôle strict d'internet par le régime, des Sud-Coréens bravent l'interdit et parviennent à envoyer des cartes SD par des chemins de contrebande ou accrochées à des ballons de l'autre côté de la frontière. Ces dernières sont ensuite copiées clandestinement dans cet Etat où regarder des groupes de K-pop, musique pop sud-coréenne, devient un acte dissident aujourd'hui.
Sur les 2 707 exécutions, sans compter la Chine, qui ont été recensées en 2025, plus de 90% d'entre elles ont eu lieu en Iran et en Arabie saoudite. Mais aucun chiffre n'est connu pour la Corée du Nord.


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