[Le sommeil en crise 3/4] Difficultés à s’endormir, réveils incessants, fatigue permanente… Pour certains, les nuits sont devenues une épreuve. Pour d’autres, la somnolence en pleine journée perturbe leur quotidien. Christine passait la majeure partie de son temps à dormir, avant que son trouble du sommeil ne soit diagnostiqué.

Audrey Vermorel - 27 mai 2026 à 07:10 - Temps de lecture :

Christine pouvait dormir jusqu’à 14 heures par nuit et être fatiguée.  Photo Pexels Christine pouvait dormir jusqu’à 14 heures par nuit et être fatiguée.  Photo Pexels

Christine était arrivée « au bout du bout ». À la fin de l’année 2022, à l’aube de sa soixantaine, cette Vosgienne ne comprenait pas son besoin intense de dormir presque constamment. Même si elle avait toujours été une bonne dormeuse, la fatigue absorbait toute son énergie et son temps. En quelques années, elle avait développé un besoin presque incontrôlable de dormir, malgré de longues nuits de sommeil et des siestes répétées. Une fatigue qui s’était installée sournoisement. « C’est arrivé progressivement, explique-t-elle. C’était à un tel stade où, par exemple, je rentrais du travail le vendredi soir à 18 heures, je m’endormais jusqu’à 23 heures, je me réveillais pour manger un morceau et me recouchais jusqu’à 10 ou 11 heures le samedi matin. Le samedi après-midi, c’était sieste obligatoire car je ne pouvais pas tenir, de 14 heures à 18 heures. En semaine, je n’arrivais pas à me lever, même avec un réveil. Même en dormant 14 heures, j’étais fatiguée », se remémore-t-elle. Malgré ces nombreuses heures de sommeil, Christine se sentait toujours épuisée. « J’étais fatiguée d’être fatiguée. C’était un épuisement total », lâche-t-elle.

Une rupture de la vie sociale

Cette hypersomnolence est devenue difficile à tenir dans sa vie active. Cette responsable commerciale a été obligée d’alléger ses déplacements, car les trajets en voiture étaient difficilement compatibles avec sa fatigue. « Je rentrais même sur ma pause de midi, je mangeais rapidement pour pouvoir dormir deux heures. J’essayais de rester concentrée sur mon travail mais les semaines étaient très dures », poursuit-elle.

À l’épuisement s’ajoutait, petit à petit, une rupture de sa vie sociale, de ses sorties entre amis et son investissement dans la vie associative. Difficile de prévoir des activités en sachant qu’elle allait être terrassée par le sommeil tout le week-end. « Quand j’allais quelque part, je luttais énormément pour ne pas dormir. Tout le monde remarquait mon air fatigué, mais c’était incompréhensible vu mon nombre d’heures de sommeil », relève la Vosgienne.

Lasse de cette fatigue chronique, et inquiète, elle a été envoyée par son médecin traitant dans un centre du sommeil, à Épinal. Pendant deux jours, électrodes sur la tête, Christine passe une batterie de tests et son sommeil est décortiqué. Le verdict tombe : elle souffre d’apnée du sommeil, qui provoque notamment des micro-réveils de quelques secondes, abîmant la qualité de son sommeil. Ce qui explique également ses puissants ronflements. « On m’a d’ailleurs dit que mes ronflements montaient à 80 décibels. Ce qui correspond… au bruit d’une tondeuse ! ». À long terme, les conséquences peuvent être très graves : hypertension, insuffisance cardiaque, risque d’accident vasculaire cérébral, etc.

Seule solution : dormir avec un appareil

La seule solution est l’appareillage : un masque posé sur le nez pendant la nuit permettant d’envoyer de l’air et de maintenir les voies respiratoires ouvertes. Depuis mars 2023, Christine dort avec cet appareil et a, en quelques mois, retrouvé des nuits de 7 à 9 heures de sommeil. « Je suis en pleine forme dès le réveil, je peux faire une journée complète sans somnolence. C’est une renaissance pour moi, ça m’a changé la vie ! », reconnaît-elle.

Depuis, elle a retrouvé son énergie et du temps. Le sommeil n’a plus le contrôle sur son quotidien. Elle incite même les personnes souffrant de troubles du sommeil à se faire tester. À commencer par son mari, qui, à l’inverse, souffrait de graves insomnies et ne dormait que pendant trois ou quatre heures la nuit, même en prenant des somnifères. Verdict : lui aussi souffre d’apnée du sommeil et dort beaucoup mieux depuis son appareillage. Une légère contrainte dont s’est accommodé le couple. « Vu les résultats et la qualité de vie gagnée, ça vaut largement le coup », conclut Christine.

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