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Adama Camara, ancien détenu condamné à huit ans de prison pour tentative de meurtre, a créé la Grotte mobile : une réplique de son ancienne cellule. Il parcourt la France pour dénoncer une image parfois édulcorée des conditions de détention.
La rédaction - Aujourd'hui à 08:30 - Temps de lecture :
« Un jour, au mitard, un cafard est rentré dans ma cellule, il a fait le tour, il est ressorti… et je me suis dis "ce cafard a plus de liberté que toi". » Adama Camara, ancien détenu condamné à huit ans de prison pour tentative de meurtre, consacre aujourd’hui une partie de son temps à la prévention auprès des jeunes. Pour donner corps à son message, il a imaginé un outil singulier : la Grotte mobile, un camion sur lequel est gravé le numéro 55 852, son premier numéro d'écrou à son arrivée en détention. À l'intérieur, il a reconstitué à l'identique la cellule dans laquelle il a passé plusieurs années.
Ce projet est né d'un constat : « Je me suis rendu compte que les jeunes sont fascinés par la prison », observe-t-il. En effet, l'ancien détenu, qui sillonne la France, a souvent affaire à des visions déformées de la détention : « J'ai vu que certains avaient des piscines, des trucs de oufs », lance un jeune homme venu voir la Grotte mobile. Une fausse image qu'Adama Camara tient à corriger : « On peut parfois vivre à trois dans un cellule et en cas de surpopulation carcérale, on met un matelas par terre, pas loin de la porte. »
Derrière le combat mené par Adama Camara contre les rixes et les violences entre jeunes, une tragédie personnelle : la mort de son petit frère Sada, tué au couteau dans son quartier. « Je n’avais pas la force d'aller au Sénégal enterrer mon petit frère, je pensais que la vengeance allait me faire du bien. Les jours qui ont suivi, je me suis procuré une arme à feu. J’ai croisé le grand frère de celui qui a tué mon petit frère et je lui ai tiré dessus à plusieurs reprises. Mais après ça, je n’ai pas été soulagé, j'avais toujours ma douleur », témoigne Adama. Aujourd'hui, il résume sa conviction dans une image qu'il partage avec les jeunes qu'il rencontre : « Faites comme si vous aviez un sac à dos invisible, c'est votre famille, si demain vous tombez, le sac tombe avec vous. »


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