Damien Maes fait partie des 25 personnes qui accusent le prêtre Jacques Delfosse de violences sexuelles et qui se sont récemment manifestées auprès du parquet de Lille. 

T.B. - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :

Damien Maes a souffert d’amnésie traumatique.  Photo EBRA / Le Dauphiné Libéré / Albert Lictevout Damien Maes a souffert d’amnésie traumatique.  Photo EBRA / Le Dauphiné Libéré / Albert Lictevout

Damien Maes, retraité de 67 ans originaire du Nord, habite depuis des décennies à Saulce-sur-Rhône (Drôme). Sa rencontre avec Jacques Delfosse a bouleversé sa vie, alors qu’il avait à peine sept ans.

Damien fait partie des 25 personnes qui se sont récemment manifestées auprès du parquet de Lille car il accuse l’homme d’Église de l’avoir agressé sexuellement à deux reprises en 1966, dans les douches d’un camp de vacances dans le Jura et dans l’école où il était jeune élève à Ascq (Nord).

Le sexagénaire se rappelle comment il a eu un électrochoc, en 2011. « Avec ma femme, nous faisions famille d’accueil. C’est le premier enfant que nous avons accueilli qui a entraîné le tsunami. Il était en train de pleurer. Il a vidé son sac. Il n’avait pas vécu le même type de violences mais tout (m’)est revenu. Ça a été la déferlante. Je me suis dit que les images que j’avais dans la tête étaient des choses bien réelles. »

« Il m’a isolé dans un bureau… »

Damien Maes va ensuite mener sa propre enquête, cherchant la source de ses « troubles du comportement ». Il fait des allers-retours dans le Nord, rencontre un évêque, visite le camp de vacances où il a été petit, à Grande-Rivière. Un nom ressort : Jacques Delfosse, « un homme grand et maigre » qu’il a côtoyé enfant.

Sur ses agissements précis, le Drômois, marqué, ne s’étale pas. « Dans la douche du camp de vacances, un adulte s’est adossé au mur puis a voulu à tout prix nous laver ». Le deuxième épisode, « un viol », s’est passé à la rentrée suivante, dans son école. « Il m’a isolé dans un bureau pour recoudre mon pantalon. Je me souviens m’être retrouvé sans pantalon devant lui… »

60 ans après, Damien Maes s’est éloigné de proches qui l’ont « traité de menteur et ont fait passer l’Église avant la famille. » Il n’éprouve plus de colère à l’encontre du prêtre qui « ne l’intéresse plus » mais toujours contre l’Église : « Toutes ces années où il a pu sévir dans différents lieux, en tant que prêtre ou aumônier pour les scouts, l’institution était au courant. À chaque signalement, elle ne faisait que le déplacer. » Le retraité espère que d’autres victimes se manifesteront. « Si elles pouvaient se rendre à la gendarmerie ou écrire une lettre au procureur, ce serait bien. »

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