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Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe (Arte) : retour sur un traumatisme mondial

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Cette vue aérienne prise le 26 avril 1986 montre le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire soviétique, détruit par une violente explosion lors d’un test de sécurité.

Cette vue aérienne prise le 26 avril 1986 montre le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire soviétique, détruit par une violente explosion lors d’un test de sécurité. National Museum " Chornobyl" /V. Yevtushenko

Quarante ans après les faits, un documentaire en trois parties donne la parole aux témoins de la catastrophe nucléaire. Sidérant.

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Que s’est-il exactement passé, dans la terrible nuit du 25 au 26 avril 1986, dans la centrale nucléaire de Tchernobyl ? Comment l’URSS d’alors, mais aussi le monde entier, ont-ils réagi face à la catastrophe survenue en Ukraine, à plus de 100 km de Kiev ? Quarante ans après le drame qui a tué 31 employés juste après l’explosion du réacteur numéro quatre, et des milliers d’autres par la suite, le documentaire en trois parties Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe éclaire les faits.

Ce film britannique, réalisé par Tom Cook et Erica Jenkin, donne la parole à de nombreux témoins. Parmi eux, certains ne s’étaient jamais exprimés, à l’image d’Igor Kirschenbaum. Il raconte : « La nuit de l’accident, j’étais à mon poste de technicien en chef chargé de la turbine du quatrième réacteur. J’avais 28 ans… » Ce soir-là, un test de sécurité reporté depuis longtemps devait être réalisé. « Paradoxalement, l’expérience devait permettre d’améliorer la sécurité du réacteur en cas de coupure électrique, détaille Ray Richardson, ancien ingénieur nucléaire de la CIA. Ce test avait été commencé la veille de l’accident. Malheureusement, la procédure avait été interrompue par le contrôleur du réseau qui avait besoin de plus d’électricité (…). À cause de ce retard, le test a dû être mené par l’équipe du soir. » « Je ne savais pas qu’un test était prévu, confie Kirschenbaum. Personne ne nous avait prévenus. »

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Défaut majeur de conception

Tout bascule lors de la dernière étape de l’essai, quand le technicien Leonid Toptunov actionne le bouton d’urgence afin d’arrêter le réacteur. « Un bruit de tonnerre, de la poussière tombe du plafond, la lumière clignote, la signalisation d’urgence s’allume. Une sorte de nuage tourbillonnait autour de nous et des espèces de cendres tombaient. Il y avait une odeur abominable », se souvient Kirschenbaum. Il est 1 heure 23 du matin : une première explosion de vapeur détruit le cœur du réacteur. Une seconde projette le toit du bâtiment et libère d’énormes quantités de matière radioactive. De quoi créer une sidération mondiale dans les heures et les jours qui suivent.

Lee Thomas, qui était à l’époque chef de l’unité spéciale américaine pour Tchernobyl, se souvient : « L’URSS ne nous a jamais rien communiqué. On aurait dit que la fonction du gouvernement était de dépeindre l’image qu’ils voulaient donner, et non pas la réalité du terrain. » Dans le pays, alors dirigé par Mikhaïl Gorbatchev, le culte du secret avait, malgré la politique de la perestroïka, encore la vie dure. « Les Soviétiques disaient que la situation était sous contrôle, mais nos images satellite montraient que le feu faisait toujours rage », confie Ray Richardson.

L’historienne française Galia Ackerman restitue l’inquiétude de l’opinion publique internationale : « Les nuages radioactifs feraient le tour de la Terre, il y aurait des retombées partout sur son passage et personne ne pouvait mesurer l’impact sur la santé des populations» Quant au météorologue américain Marvin Dickerson, il ajoute : « Les émanations étaient constituées de deux éléments. D’abord l’explosion initiale a projeté de la radioactivité à plusieurs milliers de mètres de haut. Ensuite, l’incendie, en consommant des matières radioactives, a produit de la fumée qui a libéré des radionucléides dans l’atmosphère (…). Le nuage supérieur a traversé le nord de la Chine, le Japon et on a même mesuré une petite quantité de radioactivité au-dessus de l’État de Washington. La partie inférieure, créée par l’incendie, elle, a survolé l’Europe. »

Comment un tel accident a-t-il été possible ? Après que les autorités soviétiques ont tenté de faire porter la responsabilité sur les techniciens ukrainiens de la centrale, c’est finalement un défaut majeur de conception des réacteurs qui a été démontré.

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