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La première semaine de campagne électorale ? Bof. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose de concret, selon notre Club des électeurs. Un engagement de Québec solidaire (QS) a toutefois retenu l’attention : celui de taxer les riches. Au-delà du slogan, le parti de Ruba Ghazal a touché une corde sensible en proposant d’imposer les « vrais » riches, dont le patrimoine vaut plus de 25 millions de dollars.
« C’est ma promesse chouchou de la semaine », lance Marjolaine Cloutier durant notre rencontre virtuelle du Club des électeurs, vendredi matin.
On vous rappelle que cette conseillère stratégique pour le milieu communautaire n’est pas tout à fait une partisane naturelle de QS. Elle a été attachée politique pour la Coalition avenir Québec (CAQ) durant le premier mandat du gouvernement Legault. (Elle déplore aujourd’hui le bilan « épouvantable » de la CAQ, mais c’est une autre histoire.)
Notre Club des électeurs n’est pas un repaire de solidaires. Des membres du panel estiment tout de même que QS a visé juste en s’attaquant aux inégalités sociales, qui deviennent « indécentes ». Des milliers de Québécois n’ont pas les moyens de se loger et se retrouvent à la rue, tandis que le fameux 1 % — les plus riches — accapare 24,6 % du patrimoine, selon l’Observatoire québécois des inégalités.
Le patrimoine est défini comme la valeur marchande de tout ce qu’une famille possède — maison, voiture, placements — moins ses dettes. En comptabilité, cela s’appelle la valeur nette. Et l’écart de valeur nette entre les riches et les pauvres est encore plus marqué quand on resserre le sommet de la pyramide du patrimoine, note l’Observatoire dans une analyse publiée en juin dernier : le 0,1 % le plus riche détenait 11,1 % du patrimoine québécois en 2023. À l’inverse, la moitié la moins riche de la population ne possédait que 6 % de la richesse totale.
Louis-Philippe Durbet, étudiant à l’École du Barreau de Sherbrooke, s’indigne de ces inégalités grandissantes. « Ça ne vous tente pas, comme société, d’empêcher les riches d’accumuler tout le capital ? »
Il se réjouit de l’engagement de Québec solidaire d’imposer une taxe de 1 % sur le patrimoine familial dépassant les 25 millions de dollars. La taxe grimperait à 2 % pour le patrimoine familial supérieur à 100 millions de dollars. Louis-Philippe souligne que la proposition de QS vise bel et bien des familles parmi les mieux nanties, contrairement à l’impopulaire « taxe orange » de 2022.
Bien sûr, la mécanique de cette taxation du patrimoine reste à déterminer. Au Québec, on impose les revenus, pas la valeur nette. Le fisc devrait trouver une façon d’obliger les contribuables les plus riches à déclarer la valeur de leur maison et de leurs placements, et c’est plus compliqué qu’imposer les revenus. Mais tout est possible avec de la volonté politique, souligne Louis-Philippe.
Jocelyn Brousseau
44 ans, père d’une fille, Gatineau
Travailleur humanitaire qui revient au Québec après 17 ans à l’étranger
« Il est maintenant acceptable au Québec de dire vouloir “euthanasier” une personne avec qui on est en désaccord et d’être candidat à l’Assemblée nationale pour un parti majeur. J’avais le sentiment que le niveau du débat public s’était visiblement détérioré, mais je ne pensais pas qu’on était rendu là. Ce n’est pas anodin. »
Diaka Camara
42 ans, mère de trois enfants, Montréal
Gestionnaire en technologies de l’information
« Quand j’entends le chef du Parti conservateur qui parle des femmes [en détaillant son engagement de verser chaque semaine 100 $ par enfant qui est gardé à la maison], j’ai envie de lui dire : “On ne veut pas retourner à la maison.” Nos grands-mères nous ont libérées, n’ont pas mené toutes ces luttes pour que nous revenions à la maison nous occuper des enfants. »
Marjolaine Cloutier
60 ans, mère d’une adulte, Trois-Rivières
Conseillère stratégique dans le milieu communautaire
« Quel chef de parti aura le courage d’annoncer des mesures concrètes pour sauver notre modèle communautaire ? Nous avons un filet social unique au monde, mais le milieu lutte pour sa survie. Les organismes n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Les équipes se fragilisent sous l’épuisement. Les besoins sont grandissants dans la population et de plus en plus complexes. Mais le milieu communautaire n’a pas de syndicat, pas de lobbyistes, et peine à se faire entendre. »
Alicia Despins
32 ans, en famille recomposée, Val-d’Or
Doctorante et chargée de cours en administration publique
« J’aimerais connaître davantage les candidats dans certaines circonscriptions clés. Lesquels pourraient être nos ministres ? Pourrons-nous avoir confiance en leurs compétences, leur expérience et leur jugement ? Nous ne votons pas seulement pour une première ministre ou un premier ministre, mais aussi pour un gouvernement, des députés et des oppositions. »
Louis-Philippe Durbet
22 ans, Sherbrooke
Étudiant à l’École du Barreau
« Je me réjouis de voir que la question du système d’éducation à trois vitesses commence à être abordée par les partis, à l’exception surprenante de la “Coalition avenir Fréchette”. Il est honteux que notre système scolaire permette encore aux enfants des plus riches de convoiter les plus hautes études et sphères d’influence, tandis que les autres sont condamnés à subir le sous-financement chronique et le manque d’effectifs de l’école publique. »
Mahjoub El Hamakani
74 ans, père et grand-père, Montréal
Gestionnaire retraité de la SAQ
« J’ai aimé la promesse de la CAQ de contribuer [à hauteur de] 1000 $ au régime enregistré d’épargne-études des enfants nés à compter de 2027. C’est une très bonne idée. »
Lylliane Le Quellec
64 ans, Sherrington (Montérégie)
Ingénieure en informatique à la retraite
« Les promesses, je n’y crois pas. Je crois à une plateforme réfléchie et structurée, mais je n’ai pas vu ça durant la première semaine de campagne. C’est peut-être pour ça que les gens décrochent de la politique. »


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