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Tarifs : les travailleurs encore aidés à la pièce, critiquent des organismes

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L'aide du gouvernement Carney pour les travailleurs est bien accueillie par les groupes de défense des droits des chômeurs au Bas-Saint-Laurent. Toutefois, cette annonce démontre, une fois de plus, qu'une refonte de l'assurance-emploi est plus que nécessaire, à leurs yeux.

Le coordonnateur d'Action populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé, met en relief une incongruité du système actuel : les travailleurs du Bas-Saint-Laurent doivent cumuler plus d’heures que ceux de Montréal ou de Toronto pour se qualifier à l’assurance-emploi, parce que le taux de chômage est plus bas dans la région que dans ces métropoles. Cette situation nuit aux travailleurs saisonniers, comme ceux du domaine forestier, par exemple.

C’est assez aberrant, ridicule, s’indigne M. Dubé.

Selon lui, les mesures d’aide temporaire annoncées mardi par le gouvernement Carney pour aider les travailleurs qui subiront les contrecoups de la guerre commerciale démontrent la nécessité d’une telle réforme.

La coordonnatrice d’Action Chômage Kamouraska, Julie Proulx, abonde dans le même sens. On ne peut plus fonctionner comme ça, critique-t-elle.

Les travailleurs qui perdent leur emploi doivent avoir de l'aide sans égard au taux de chômage dans leur région, estime Mme Proulx.

L'important, c'est [que si] tu perds ton emploi, tu as accès à de l'aide pour te sortir la tête de l'eau, le temps que tu cherches un autre emploi.

Les deux organismes demandent donc une norme d'admissibilité universelle au programme d’assurance-emploi, ce qui éliminerait les distorsions régionales qui pénalisent les travailleurs, estiment-ils.

Recherche d'emplois

Des groupes qui défendent les droits des chômeurs demandent que les critères d'admissibilité à l'assurance-emploi cessent de varier au gré des difficultés. (Photo d'archives)

Photo : IStock

Pour l’instant, le taux de chômage de la région est combiné à celui de la Côte-Nord. C’est ce taux qui détermine le seuil minimal d’heures travaillées pour avoir accès à l'assurance-emploi. Ce seuil est établi à 700 heures pour les travailleurs bas-laurentiens, comparativement aux 665 heures minimales exigées pour les travailleurs de Toronto ou de Montréal.

Action Chômage Kamouraska réclame un seuil d’admissibilité universelle de 350 heures pour tous les travailleurs du pays, peu importe leur emplacement géographique.

Cette demande est appuyée par le MASSE, le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi, un organisme québécois qui rassemble 16 groupes de défense des droits des chômeurs.

Mme Proulx croit que ce seuil mettrait fin à la discrimination que subissent les travailleurs saisonniers et les travailleurs à temps partiel qui ont de la difficulté à atteindre les seuils d'admissibilité au programme d’assurance-emploi.

M. Dubé et Mme Proulx demandent aussi au gouvernement que les critères d’assurance-emploi soient permanents, peu importe le contexte économique.

On constate que dès qu’il y a une petite turbulence économique, le gouvernement se dépêche à adopter des mesures temporaires pour répondre aux besoins des travailleurs.

Ce projet de refonte de l’assurance-emploi plane sur l’échiquier politique depuis une décennie, souligne M. Dubé. Lors de son élection en 2015, l'ex-premier ministre libéral Justin Trudeau avait promis de le concrétiser, ce qui n'a pas été fait.

Quitter son emploi et être admissible à l’assurance-emploi

La série de mesures annoncées mardi par le gouvernement fédéral prévoit un changement important aux critères d'admissibilité à l'assurance-emploi. Pour une période d'un an, les travailleurs qui ont quitté leur emploi volontairement ne seront pas pénalisés, à condition qu’ils ne soient nullement responsables de leur dernière perte d’emploi, indique le gouvernement du Canada. Une mesure qui nécessite encore des éclaircissements, selon M. Dubé.

Michel Dubé, coordonnateur d'Action populaire Rimouski-Neigette.

Michel Dubé lutte depuis des années pour une réforme de l'assurance-emploi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

On a hâte de voir les répercussions que ça va avoir, affirme M. Dubé tout en déplorant que ces mesures d’aide ne mettent pas fin au trou noir, cette période sans revenu lors de laquelle les travailleurs saisonniers ne touchent plus leurs prestations de chômage, alors que leur travail saisonnier n'est pas recommencé.

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