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T.-N.-L. restreint l’accès aux bourses pour les francophones, selon des familles

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Des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador soutiennent que le gouvernement limite l’accès aux bourses offertes aux étudiants qui doivent quitter la province pour poursuivre leurs études postsecondaires en français.

Le ministère provincial de l’Éducation et du Développement de la petite enfance affirme que la demande augmente, quoique légèrement, pour les bourses de 6000 $ par an, qui sont renouvelables pendant une période allant jusqu’à cinq années d’études. Il précise qu’il veut prioriser les candidats qui n'ont jamais reçu la bourse auparavant.

Juliette Mini, une étudiante de Saint-Jean, s’est vu refuser la bourse en 2025-2026, après y avoir eu droit pendant ses deux premières années à l’Université de Moncton. La décision, complètement inattendue, prive sa famille de milliers de dollars qui l'auraient aidée à payer son logement et ses frais de déplacement.

On n’avait aucun souci par rapport au fonds et puis, soudainement, j’ai une lettre qui dit que, vu que j'ai déjà reçu la bourse, je n'aurais pas la bourse à nouveau. C'est venu un peu de nulle part, raconte-t-elle.

J'en avais parlé avec mon conseiller d’orientation avant de commencer à l'université, puis il m'avait dit : "tu sais, il y a la bourse, c'est super. Il n'y a jamais eu personne qui n'a pas reçu la bourse".

Juliette Mini.

Juliette Mini suit le programme d'éducation de l'Université de Moncton.

Photo : Gracieuseté - Juliette Mini

Très peu d’étudiants demandent la bourse

Selon des données obtenues par Radio-Canada, très peu d’étudiants francophones à Terre-Neuve-et-Labrador demandent la bourse.

Entre 2021-2022 et 2024-2025, tous les demandeurs répondant aux critères du Programme de bourses pour francophones (entre une et quatre personnes par an) l’ont reçue.

Cependant, en 2025-2026, lorsque cinq personnes ont demandé de participer au programme, seuls les trois candidats n’ayant jamais présenté de demande auparavant ont été retenus.

Critères de sélection flous

Un document (nouvelle fenêtre) expliquant les critères de la bourse en 2025-2026 précise que les personnes n'ayant jamais reçu cette bourse auront la priorité, mais stipule aussi que la personne admissible et sélectionnée recevra une bourse d’une durée de 2 à 5 ans (maximum), en fonction de la durée de son postsecondaire.

La bourse n’est pas renouvelée automatiquement, stipule le document. Le candidat doit en faire la demande chaque année, en fonction de la durée de son programme, et ce, pour un maximum de 5 ans.

Je pense que le gouvernement devrait pouvoir s'engager à offrir une certaine bourse à tous les étudiants francophones qui ne sont pas capables de faire leurs programmes en français, croit Juliette Mini. Elle propose de diviser l'argent disponible entre les candidats au lieu d'avoir certains qui le reçoivent et certains qui ne le reçoivent pas.

Améliorer l’accès à l’éducation en français

Si l’Université Memorial, la seule université de Terre-Neuve-et-Labrador, compte un programme d’études françaises et forme des professeurs de français, la plupart des francophones doivent quitter leur province pour avoir accès à l’enseignement supérieur dans leur langue maternelle.

Charly Mini, le père de Juliette, rappelle que le Programme de bourses pour francophones existe grâce à une entente-cadre entre Ottawa et Terre-Neuve-et-Labrador, qui vise à améliorer la qualité et l'accessibilité à l'éducation dans la langue de la minorité.

Il y a beaucoup de familles qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs jeunes dans une université, surtout à l’extérieur de Terre-Neuve. Et bien qu’ils voudraient qu’ils continuent en français, c’est dur.

Il souligne que le plan d’action découlant de la plus récente mouture de l’accord pluriannuel, un document qui précise, entre autres, les mesures que la province va prendre pour épauler les étudiants francophones, n’a pas encore été finalisé.

Dans cette optique, en février, un groupe de parents a envoyé une lettre au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance demandant que le programme de bourses soit bonifié.

Manque de transparence

Jean-Marc Bélanger, dont la fille n’a pas eu la bourse en 2025-2026 après l’avoir reçue à sa première année à l’Université d’Ottawa, évoque un manque de transparence de la part du gouvernement provincial par rapport au financement disponible et au nombre de bourses offertes.

En 2024-2025, sa fille, Juliette, avait presque été exclue du programme de bourses parce que le ministère soutenait que l’Université d'Ottawa, une université bilingue qui compte des milliers d’étudiants francophones, n’était pas un établissement de langue française.

Je trouve ça un peu difficile de ne pas avoir plus d'informations et de détails sur c'est quoi les fonds réels qui pourraient être transmis aux jeunes qui veulent aller étudier en français, déplore le père. Les gens qui veulent avoir une éducation française doivent sortir de la province. Ce n’est pas un choix, là.

Qu’en dit le ministère?

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Paul Dinn, a décliné nos demandes d’entrevue.

Son ministère indique que la bourse, qui était de 2550 $ par trimestre (5000 $ par an) jusqu’en 2023-24, a été bonifiée en 2024-2025. Il précise que six bourses d’une valeur de 3000 $ par trimestre (6000 $ par an) seront offertes l’an prochain.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de Terre-Neuve-et-Labrador, Paul Dinn, participe à une conférence de presse à Saint-Jean le 9 décembre 2025.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de Terre-Neuve-et-Labrador, Paul Dinn, participe à une conférence de presse à Saint-Jean le 9 décembre 2025. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le processus de candidature stipule que la priorité sera accordée aux nouveaux candidats, mais que toutes les candidatures seront prises en considération, affirme la porte-parole Lynn Robinson.

Le financement de la bourse a été revu à la hausse après que le ministère a constaté une augmentation des coûts [des programmes postsecondaires] et un faible nombre de candidatures. À la suite de ces changements, le nombre de candidatures a augmenté.

Toute modification [au programme] serait apportée après consultation du Conseil scolaire francophone provincial, ajoute-t-elle.

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