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BUFFALO - Nick Suzuki et Rasmus Dahlin ont plusieurs traits en commun.
Ce sont des joueurs aux profils complètement différents, mais les deux sont capitaines de leur formation, les deux ont dû exercer leur leadership pendant plusieurs années au sein d’une équipe en reconstruction et les deux viennent d’être récompensés pour la première fois de leur carrière en étant finalistes pour un honneur individuel.
Après que Suzuki eut été nommé parmi les trois candidats au trophée Selke, mardi, le capitaine des Sabres de Buffalo a appris jeudi qu’il était l’un des trois défenseurs finalistes à l’obtention du trophée Norris.
Il est une part énorme de notre équipe et l’une des raisons pour lesquelles notre équipe est rendue là où elle est, a mentionné l’entraîneur-chef des Sabres, Lindy Ruff, au sujet de Dahlin.
Bien souvent, quand l’issue du match est en jeu et qu’on a besoin d’offensive, il est là pour nous. Mattias Samuelsson et lui affrontent les gros trios adverses tous les soirs. Et il y a aussi une robustesse chez lui qui rend la vie difficile à ses adversaires.
Il faut rappeler que Dahlin sera aussi finaliste au trophée Bill-Masterton, qui est remis au joueur ayant affiché le plus de persévérance et d’esprit sportif.
C’est que le Suédois de 26 ans a vécu une année tumultueuse, sa fiancée Carolina Matovac ayant dû subir une greffe cardiaque d’urgence l’été dernier.
Dahlin a pris congé des Sabres au mois de novembre pour accompagner sa conjointe pendant sa convalescence. Plusieurs personnes voient son retour au sein de l’équipe, le 15 novembre à Détroit, comme un moment important dans la saison des Sabres.
En vieillissant, on se rend compte que les choses en dehors du hockey sont plus importantes que le hockey lui-même. Ça m’a permis d’être plus détendu quand j’arrivais à la patinoire et de faire mon travail sereinement, en sachant que le hockey n’est qu’un jeu.
Il fallait que je comprenne ça pour passer au niveau supérieur, a expliqué Dahlin, qui a affiché cette saison ses meilleures statistiques individuelles en carrière.
Dahlin a admis qu'il lui était beaucoup plus facile de remplir ses tâches de capitaine depuis que les Sabres se sont mis à gagner avec régularité. Il n'y a pas si longtemps, malgré ses propres efforts pour sortir son équipe du marasme, il ne cachait pas sa frustration de voir les Sabres patiner dans les sables mouvants.
Il a connu une situation négative dès son arrivée dans la LNH tandis que Suzuki, lui, a profité de l'influence positive de Shea Weber en tant que joueur recrue. Suzuki a également vécu les émotions d'une finale de la Coupe Stanley avant de voir le Canadien entreprendre une reconstruction quelques mois après.
Si Dahlin affiche de temps à autre un caractère plus bouillant, celui de Suzuki est constant et mesuré. Une attitude qui est authentique pour lui, estime Martin St-Louis.
Suzuki s’est attiré les bons mots de Lindy Ruff, qui l’a comparé à Nico Hischier, qu’il a déjà eu comme capitaine avec les Devils du New Jersey.
Un rêve pour un entraîneur, a résumé Ruff en déclinant les principaux atouts de Suzuki.
Ralentir la relance
Ironiquement, c’est face à Dahlin, un arrière, que Suzuki va d’abord devoir mettre à profit ses atouts défensifs. Il est tellement dynamique en possession de la rondelle, il se retrouve si souvent aux abords du filet adverse, qu’il crée bien du chaos chez l’autre équipe.
Il est beaucoup question de la propension des défenseurs des Sabres à aller appuyer l’offensive pour montrer à quel point c’est au centre de leur façon de faire. Or, dans le premier match, c’est Dahlin qui a été sur la glace le plus souvent lorsque les Sabres ont obtenu des chances de marquer.
Aux yeux de Suzuki, freiner Dahlin et autres Bowen Byram est une tâche défensive qui commence en zone des Sabres.
Son coup de patin, ses qualités en circulation de rondelle… Il est vraiment doué pour t’attirer vers lui, faire un jeu et te doubler ensuite, décrivait Suzuki avant le premier match. Il veut sauter dans l’attaque et il veut la rondelle. On va devoir adopter une approche un peu plus passive quand il s’avance vers les lignes bleues.
Il ressemble un peu à Lane (Hutson) : il aime bien faire fendre l’air à ses adversaires. Il faut donc vraiment faire attention à lui quand il longe la ligne bleue.

Lane Hutson regrettait que sa chute en début de match ait ouvert la porte au premier but des Sabres. (Photo d'archives)
Photo : imagn images via reuters connect / Bob Frid
Hutson s'en voulait
Lane Hutson, justement, s’est certainement retrouvé sur le bulletin de vote de plusieurs en ce qui a trait au trophée Norris. Il y avait sept ou huit défenseurs pratiquement interchangeables pour ce scrutin.
Autant reconnaît-il à Dahlin le mérite d’avoir été retenu comme finaliste, autant Hutson ne se soucie pas des honneurs individuels qu’il pourrait lui-même recevoir.
Ce qu’il a surtout en tête pour le moment, c’est de faire mieux vendredi que dans le premier match de la série.
J’ai l’impression que tout le monde est arrivé prêt à jouer sauf moi, a lancé Hutson, dont la chute en zone neutre a mené au premier but des Sabres après moins de cinq minutes de jeu.
Une autocritique un peu sévère, même si l’on peut admettre qu’il n’a pas eu un impact sur le premier match équivalent à celui de Dahlin.
J'ai l'impression d'avoir généré quelques occasions pour me racheter, si l’on veut. Ce n'est pas très agréable de commencer le match comme ça, mais je pense avoir assez bien réagi. Mais je le dois vraiment aux gars de faire mieux pendant 60 minutes.
Ne pas céder à la panique
Cole Caufield en est un autre qui aimerait rebondir au prochain affrontement. Son cas commence à être bien documenté, et ses ennuis offensifs à égalité numérique retiennent l’attention un peu plus chaque jour.
Les Sabres vont continuer d’avoir à l’œil le premier trio du Canadien.
C’est un très bon trio, a dit Dahlin. Ils sont extrêmement talentueux et ont une excellente lecture du jeu. Ils sont dangereux dès qu’ils se créent des occasions de type A. On doit leur enlever du temps et de l’espace, rester collés à eux et leur compliquer la tâche. Je pense qu’on a fait du bon travail sur ce plan-là dans le premier match et qu’on peut faire encore mieux.
Il y a évidemment des préoccupations au plan offensif chez le Canadien, l’équipe ayant été incapable de marquer plus de deux buts à chacun des trois derniers matchs. N’empêche, Martin St-Louis a rappelé encore jeudi que son équipe devait être alerte, mieux gérer le disque et gagner plus de batailles pour la rondelle afin de limiter les chances de marquer des Sabres sur la contre-attaque.
Tout bien considéré, il ne s’agissait que d’un premier match dans cette série, et le Canadien ne doit pas imaginer qu’il est soudainement devant une tâche insurmontable.
Il ne faut pas que tu paniques, il faut que tu restes en contrôle, a dit St-Louis. Il ne faut pas que tu perdes confiance. Il faut que tu comprennes pourquoi tu n'as pas gagné le match, puis tu avances.
C'est beaucoup de rester sur le processus. Si tu embarques sur des montagnes russes d'émotions, tu te perds. On est un groupe confiant, on sait que les réponses sont partout et on va les chercher tous les jours. Puis on essaie d’incorporer ça dans le prochain match et on continue à s'améliorer.


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