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Raynald Forcier, journaliste à La Parole et L’Express de 1977 à 1995
(Note de la rédaction : Pour cette série soulignant 100 ans de presse écrite à Drummondville, nous avons souhaité aller au-delà des archives. Qui de mieux que ceux et celles qui ont vécu cette histoire de l’intérieur pour nous la raconter? Au fil des prochaines éditions, nous laisserons la plume à d’anciens journalistes de La Parole et de L’Express, qui partageront leurs souvenirs, leurs anecdotes et leur regard sur un métier en constante évolution. Parce que, derrière chaque journal, il y a des gens. Et leurs histoires méritent d’être racontées, elles aussi.)
HITOIRE. La décision éditoriale du journal L’Express de souligner les 100 ans de la presse à Drummondville fournit à toutes et à tous une formidable occasion de constater l’évolution de la région dans tous les secteurs de l’activité locale et d’en apprendre davantage sur les acteurs qui ont occupé la scène régionale depuis 1926.
De façon toute naturelle, ce sont les aspects qui touchent la profession de journaliste qui attirent davantage mon attention dans cette série de cahiers spéciaux à haute saveur historique.
À l’emploi des hebdomadaires La Parole et L’Express entre 1977 et 1995, j’ai eu pour mandat la couverture des actualités politiques, sociales, sportives et culturelles à une époque où Drummondville vivait une expansion industrielle majeure portée par des entrepreneurs et des décideurs qui désiraient élargir l’offre longtemps limitée au secteur textile.
Raynald Forcier a commencé à travailler à La Parole et L’Express en 1977. (Photo : gracieuseté)Au niveau de l’organisation du travail de journaliste à proprement parler, les contacts directs et pratiquement quotidiens avec ces derniers permettaient de prendre le pouls de la vie d’ici.
Ainsi, les tournées ministérielles, les rencontres de presse avec les artistes ou athlètes, les séances du conseil municipal ou scolaire ou l’inauguration de nouvelles industries constituaient autant d’occasions de côtoyer directement les artisans du milieu.
Au fil des ans, la multiplication des postes de porte- parole, responsables des communications et du marketing au sein des organisations a considérablement réduit les occasions de proximité professionnelle avec les décideurs.
Comme c’est le cas encore aujourd’hui, les journalistes ont donc dû composer avec de nouvelles réalités et trouver comment aller au-delà du communiqué de presse et de la prise de position officielle et explorer les angles qu’ils désiraient aborder. Pour réellement être fidèle aux principes du journalisme, il a fallu s’adapter.
L’arrivée de l’ordinateur et d’autres moyens techniques de photographie et d’impression ont aussi fortement chamboulé la profession qui n’aura auparavant connu, pendant des décennies, que le bloc-notes et le stylo.
La formation d’empires de presse, la disparition de nombreux quotidiens et hebdomadaires, l’arrivée d’administrateurs moins passionnés par le journalisme que par la finance et bien sûr le coup de masse du web auront fini par faire plier beaucoup de boîtes d’information graduellement privées d’essentiels contenus publicitaires et éliminer bon nombre d’emplois reliés au journalisme.
Et que dire de la nuée d’informations, vraies et fausses, maintenant relayées par des millions de sources à travers le monde qui abreuvent une partie de la population qui a délaissé les médias traditionnels!
Malgré ce portrait morose de la situation, les énormes bouleversements connus au cours des 100 dernières années auront quand même permis à de nombreux intervenants de se maintenir à flot et de garder saines et vivantes les presses régionale et nationale d’un peu partout sur la planète.
Bien sûr, il a fallu parfois demander de l’aide et faire des compromis jugés inacceptables à une autre époque. Toutefois, le journalisme, tout comme le reste de la société au cours des dernières années, a pour défi principal de survivre au chaos.
Durant les années où j’étais présent sur la scène médiatique, il y avait des collègues dont la flamme pour un journalisme empreint de talent, de bonne foi et d’engagement ne s’est jamais éteinte.
Il y en a encore aujourd’hui et ils sont invités plus que jamais à créer de nouvelles recettes conçues pour ce monde en convulsion, car ils y ont définitivement une place essentielle au sein d’une démocratie dont la santé est rudement mise à l’épreuve.
Avant même de devenir journaliste pour La Parole, Raynald Forcier avait déjà apparu dans les pages de l’hebdomadaire drummondvillois à titre d’athlète. (Photo : La Parole, 19 avril 1972)

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