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Des résidents de Dieppe ont pris la parole lundi, à la réunion du conseil municipal, pour exprimer leur mécontentement de voir de plus en plus de motocross électriques sur les sentiers et les trottoirs de la municipalité. La Ville envisage l'adoption d'un arrêté pour lutter contre les dérives de certains utilisateurs.
La présence de ces engins sur des voies publiques pourtant aménagées prioritairement pour les piétons et les cyclistes posent des problèmes de sécurité, selon Louis Haché qui réside dans la municipalité depuis plus de 20 ans.

Louis Haché s'inquiète pour les utilisateurs de sentiers face à une présence accrue de motocross électriques.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Ces motocross électriques sont puissants et vont à des vitesses allant jusqu'à 70, voire 80 km/h. Ils sont sur le trottoir et prennent beaucoup d’espace. C’est définitivement un enjeu de sécurité publique parce que les trottoirs deviennent de plus en plus difficiles d’accès pour les gens qui marche, souligne-t-il.
L’année dernière, il y en avait quelques-uns sur le territoire. Aujourd’hui, ça s'est multiplié. Pis, moi, je m’attends à ce que leur nombre augmente de façon exponentielle si on ne légifère pas.
Les motos hors route électriques (ou e-dirt bikes en anglais) gagnent en popularité, surtout chez les jeunes adeptes, car elles ne nécessitent aucun permis de conduire ni enregistrement.
Ces motos ne sont ni des motocyclettes ni des vélos électriques. Les règles entourant ces véhicules tombent donc dans une zone grise en termes de législation.
Difficile à contrôler pour la police
La GRC au Nouveau-Brunswick dit constater une augmentation des plaintes liées à l’utilisation de ces véhicules dans les municipalités de la province. La police de Fredericton a aussi recensé une hausse du nombre de plaintes.
Les autorités ont cependant un pouvoir limité, car la loi sur les véhicules à moteur ne tient pas compte de ces engins.
L’Association des chefs de police du Nouveau-Brunswick œuvre à créer prochainement un groupe de travail pour partager leurs recommandations aux autorités provinciales à cet effet.

Nicolas Potvin, sergent d’état major à la GRC Codiac
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
On va mettre des recommandations basées sur les situations et observations dans les municipalités. On travaillera avec la sécurité publique pour être capable de cibler ces situations, explique Nicolas Potvin, sergent d’état-major à la GRC.
La police encourage par ailleurs les citoyens à appeler ses services et ne jamais prendre la situation en main.
Un règlement à venir à Dieppe
La ville de Dieppe ne reste pas pour autant les bras croisés à attendre une loi provinciale qui prend en compte les trottinettes et les motocross électriques.
Un règlement qui encadre la location de trottinettes électriques à l’image de l’arrêté L-926 sur la micromobilité, adopté par la ville voisine de Moncton, devrait voir le jour dans la municipalité, révèle Hélène Boudreau, la mairesse.

Hélène Boudreau, mairesse de Dieppe.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
C’est certain qu’on a l'empathie parce que, nous autres aussi, on a les mêmes questions et les mêmes inquiétudes, rassure-t-elle. Avant d’ajouter que la municipalité collabore avec la sécurité publique et les villes voisines de Moncton et Riverview qui ont déjà rendu publics leurs dossiers, soutient-elle.
[Notre règlement] est en préparation pour faire de même, pour que nos citoyennes et citoyens se sentent en sécurité quand ils vont dans les sentiers et les parcs.
Ces citoyens qui ont publiquement pris la parole pour partager leur malaise face aux dérives des utilisateurs de ces véhicules ont reçu l’appui de quelques conseillers.
Certains conseillers ont même appelé à la révision de l’arrêté C-34 qui stipule pourtant l'interdiction de motocyclettes et de scooter sur un trottoir ou un sentier.
Ailleurs dans la province, l'organisme QuadNB dit actuellement collaborer avec le ministère de la Justice et de la Sécurité publique afin de lever ces ambiguïtés législatives, de sorte que seuls les véhicules répondant à des exigences similaires à celles des quads puissent circuler sur les sentiers.
Le bruit excessif dérange
Lors de la réunion du conseil municipal, lundi, les résidents ont aussi dénoncé le bruit excessif causé par les motocyclettes et des voitures modifiées.

Georges Bouchard espère qu'une solution sera trouvée au problème de bruits excessifs que font certains véhicules à moteur tard la nuit.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Georges Bouchard, qui habite à Dieppe depuis huit ans, s'est plaint de la nuisance sonore. Il dit dénoncer chaque année ce problème qui importune plusieurs résidents, mais constate qu’aucune solution n’a encore été trouvée pour lutter contre ces bruits excessifs.
Depuis 6 ans, je continue de venir en parler aux réunions du conseil parce que je me dis quelqu’un finira un jour par prendre le dossier en main, déplore-t-il. Surtout sur les rues Paul et Champlain, ce sont les deux avenues où tu entends le plus de bruit de motos ou de petites autos presque tous les soirs. Cette année est la pire année, surtout du jeudi au samedi entre 21 h 30 et 23 h.


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