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Plusieurs députés, Michel Barnier en tête, ont vivement manifesté leur désapprobation mardi, après les propos tenus par le président de groupe dans un article du Figaro.
Passer la publicité Passer la publicité«C’est la première fois depuis longtemps que nous n’avions pas assisté à un débat aussi tendu en réunion de groupe !» Un député membre de la Droite Républicaine lâche cette confidence, mardi, en sortant d’un débriefing hebdomadaire particulièrement électrique. Une trentaine de participants étaient présents mais selon ce témoin, une majorité partageait les mêmes interrogations à l’égard du président Laurent Wauquiez, voire la même «amertume».
Ciblé pour ses propos tenus il y a quelques jours dans un article du Figaro, considérés comme le signe d’une volonté à peine voilée de plomber la campagne de Bruno Retailleau, le président de la Haute-Loire a été pressé de s’expliquer. L’intervention de Michel Barnier a été particulièrement remarquée, notamment quand le député de Paris lui a demandé comment il avait pu décider de s’exprimer de cette manière sans consulter préalablement les élus de son groupe. Élisabeth de Maistre, députée des Hauts-de-Seine, aurait même fait part de sa «sidération» et demandé publiquement à Laurent Wauquiez s’il était «la bonne personne pour parler de rassemblement».
Pour ce proche de Barnier, l’ex-premier ministre, «agacé» par la méthode de Laurent Wauquiez, voulait le questionner de manière directe. «Est-il humainement acceptable vis-à-vis des militants qui tractent pour Bruno Retailleau et politiquement acceptable qu’un président de groupe balaye ainsi un président de parti élu à 76% ? » Michel Barnier a fait observer également qu’il avait jugé ses mots très sympathiques à l’égard de Gabriel Attal et de Sébastien Lecornu mais aussi très élogieux à l’égard d’Edouard Philippe juste avant que le président d’Horizons tienne son meeting à l’Adidas Arena, alors qu’il semblait beaucoup moins aimable à l’égard de Bruno Retailleau après avoir boudé sa réunion publique de lancement de campagne au Parc floral. Chez Barnier, on résume l’interpellation en une question : «Comment diriger un groupe à l’Assemblée quand on est guidé par un esprit de revanche contre quelqu’un qui vous a largement battu ?».
«Les gens ne comprennent pas»
Parmi les intervenants, Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, aurait fait savoir qu’il venait de traverser sa «pire semaine» auprès des militants, à cause des prises de position de Laurent Wauquiez. Un élu abonde: «C’est vrai que sur le terrain les députés morflent car les gens ne comprennent pas. Même des wauquiézistes du premier cercle affirment ne plus rien comprendre dans le comportement du chef de groupe. C’est d’autant plus rageant, qu’en réalité les macronistes n’attendent qu’une chose: que les Républicains fléchissent».
Côté Wauquiez, un autre participant partage une lecture très différente de cette réunion de groupe, voire ironique. « Fun fact. Ce qui a le plus agacé Barnier, c’était que Laurent Wauquiez dit du bien de Lecornu en travestissant ses propos et en disant qu’il le jugeait comme le meilleur premier ministre depuis dix ans. La diva est vexée». Laurent Wauquiez lui aurait répondu : « Mais Michel, j’ai dit que si le pays avait été géré par Lecornu pendant dix ans il serait en meilleure forme. Je n’ai pas dit que Lecornu était le meilleur, ça aurait été plus grave ! ». La réponse aurait provoqué des «rires» dans la salle.
On note encore, selon un témoin, que la position de Barnier était aussi celle du «rassemblement» mais que le timing était jugé trop tôt à ses yeux. Quant aux autres critiques, on les juge «mesurées». Et de pointer en revanche d’autres interventions, comme celles de Michèle Tabarot (Alpes-Maritimes) ou Valérie Bazin-Malgras (Aube) qui ont «loué le courage» de Laurent Wauquiez ou soutenu le fait que ses positions ont le « mérite d’arrêter de faire l’autruche ».
Cela n’empêche pas certains participants d’avoir perçu, mardi matin, un séisme «inédit» en réunion de groupe. «En réalité, conclut l’un d’eux, Laurent n’a pas été seulement bousculé. Pour la première fois, on a senti sa présidence contestée. Quand on voit l’état dans lequel est le pays et le niveau du rejet des politiques, beaucoup n’ont pas jugé ses propos très sérieux. Ni à la hauteur des urgences».


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