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Sur le Budget 2027, ce qui se cache derrière les 54 milliards d’économies promis par Lecornu

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Politique 01/10/2026 12:03 Actualisé le 01/10/2026 12:15

Le gouvernement présente sa copie ce jeudi 1er octobre. Elle prévoit, en réalité, 43 milliards d’économies liées à des mesures nouvelles.

Sebastien Lecornu photographié à l’Élysée le 27 juillet.

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP

Sebastien Lecornu photographié à l’Élysée le 27 juillet.

On dit que les chiffres ne mentent pas. En revanche, on peut leur faire dire ce qui nous arrange. Illustration avec le projet de loi de finances (PLF) 2027 que dévoile ce jeudi 1er octobre Sébastien Lecornu. Une copie budgétaire annoncée comme prévoyant 54 milliards d’euros d’économies. Or, à y regarder de plus près, ce texte ne traduit pas vraiment ce montant en mesures nouvelles.

Pour ramener le déficit à hauteur de 5 % du PIB en 2027, le gouvernement prévoit « la mise en œuvre de 43 milliards d’euros de mesures de redressement », comprises dans le PLF et dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Un hiatus, donc, de 11 milliards entre cet objectif (déjà ambitieux) et ce qui avait été annoncé. Pour combler l’écart entre le chiffre d’affichage et le rendement de ces mesures nouvelles, le gouvernement mise sur « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement ».

Dit autrement, Sébastien Lecornu a mis dans ses 54 milliards le produit de mesures déjà existantes. Selon le site spécialisé Politico, le chiffre brandi par le Premier ministre n’a pas manqué de faire tiquer dans les couloirs ministériels. Un haut-fonctionnaire jugeait ainsi que ce montant « ne correspond à rien de fiable », puisqu’il mêle des économies à réaliser, et des économies déjà en cours. Et ce, « pour pouvoir dire qu’il fait plus que le plan Bayrou », selon cette même source citée par Politico.

Des économies ciblant les étudiants

Le Béarnais avait affiché une ambition à 44 milliards d’économies, ce qui correspond peu ou prou à l’objectif des mesures nouvelles prévues par le budget Lecornu. Parmi les dispositifs prévus pour y parvenir, le gouvernement prévoit un gel des APL et allocations familiales, malgré l’inflation. Même volonté au sujet de l’allocation de rentrée scolaire, qui sera « réformée ». L’exécutif entend aussi mettre en place des restrictions pour les étudiants de familles aisées.

« Au-delà d’un certain seuil, l’étudiant devra choisir entre le bénéfice de l’aide au logement et les bénéfices fiscaux associés au rattachement de l’étudiant au foyer fiscal ou au versement d’une pension alimentaire », peut-on lire dans la copie que Le HuffPost s’est procuré. Le gouvernement entend aussi faire payer l’inscription en BTS ou en classe préparatoire aux étudiants non boursiers, pour un montant fixé à 270 euros l’année. Toujours sur le volet économies, l’exécutif souhaite baisser le nombre de fonctionnaires d’État après « des mesures de fusion ou de mise en extinction ». Objectif : 1076 postes en moins sur l’année 2027.

Les crédits alloués aux différents ministères seront aussi gelés par rapport à l’année 2026, à l’exception de secteurs prioritaires comme la défense, et le point d’indice des fonctionnaires ne sera pas revalorisé.

Taxe sur le kérosène

Sur le volet recettes, le gouvernement anticipe un meilleur rendement de la TVA, en hausse de plus de 7 milliards d’euros par rapport à 2026. Une augmentation des recettes est également attendue sur l’impôt sur le revenu (+ 5,7 milliards). Au global, et malgré un recul sur l’impôt sur les sociétés, le gouvernement calcule une hausse des recettes fiscales de l’ordre de 18 milliards d’euros, pour un montant net estimé à 375,7 milliards d’euros. La copie rendue par Sébastien Lecornu, le ministre de l’Économie Roland Lescure et son collègue aux Comptes publics David Amiel prévoit également une taxe sur le kérosène, visant à financer le développement de projets dans les carburants durables pour l’aviation.

Annoncée en amont de la présentation de la copie gouvernementale, l’instauration d’une taxe sur les produits sucrés figure bien dans le texte. Tout comme la mise à contribution des retraités : les pensions supérieures à 1 260 euros ne seront plus indexées intégralement sur l’inflation, et les conditions de l’abattement fiscal de 10 % sur l’impôt sur le revenu seront revues.

Rappelons qu’il s’agit ici de la copie de départ, et que celle-ci devra passer l’examen de l’Assemblée nationale et du Sénat, avant une hypothétique adoption définitive. Nous en sommes encore loin. Très loin.

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