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Cours à distance dans 44 établissements, rassemblements interdits à leurs abords, essence en bidon et pétards prohibés : la préfecture veut éviter une autre journée de violences.
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Par Pierre Chemel Publié le 1 oct. 2026 à 21h59
Pas de cours en classe, pas de rassemblement devant les grilles, et pas d’essence en bidon à la pompe. Ce vendredi 2 octobre 2026, la préfecture du Rhône sort les grands moyens pour éviter une quatrième journée de violences autour des lycées de Lyon et du département.
Jeudi, 41 établissements ont été touchés par la mobilisation dans le Rhône. Les forces de l’ordre ont procédé à 38 interpellations, et 15 personnes ont été légèrement blessées, dont 13 policiers. Des appels à poursuivre le mouvement circulent déjà sur les réseaux sociaux, selon la préfecture.
44 établissements passent à distance
Les élèves de 44 établissements suivront leurs cours à distance ce vendredi, indique la préfecture. Ce sont les mêmes établissements que ceux visés par l’interdiction de rassemblement. Le gouvernement avait annoncé jeudi une nouvelle doctrine : préfets et recteurs doivent dresser des listes de lycées « en protection », où l’enseignement bascule à distance.
La liste couvre 18 établissements à Lyon et 26 dans 15 autres communes de la métropole et du département. Elle est détaillée en fin d’article. Le 6e arrondissement n’y figure pas, alors qu’il a connu des heurts jeudi autour du lycée Édouard-Herriot.
Les établissements privés, qui décident seuls de leur organisation, peuvent avoir pris des mesures différentes. En cas de doute, le plus sûr reste de consulter les messages de l’établissement.
Rassemblements interdits dans un rayon de 100 mètres
Autour de chacun de ces 44 établissements, les cortèges, défilés et rassemblements revendicatifs sont interdits de 6 heures à 18 heures. Le périmètre est un cercle de 100 mètres de rayon. Les riverains, les passants et les personnels peuvent circuler normalement.
Dans ces mêmes zones, il est interdit de porter des équipements destinés à se protéger des forces de l’ordre : casques, masques à gaz, lunettes de protection, boucliers. Lors des derniers jours, des individus ainsi équipés ont été observés « en vue de participer à des affrontements », justifie l’arrêté. Les cyclistes et les deux-roues motorisés peuvent garder leur casque.
Les contrevenants s’exposent à des sanctions :
- Participer à une manifestation interdite : une contravention de 4e classe, jusqu’à 750 euros d’amende ;
- l’organiser : jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende ;
- porter un équipement interdit : jusqu’à 38 euros d’amende.
Pas d’essence en bidon, pas de pétards
Les deux autres arrêtés concernent tout le département, pour toute la journée de vendredi.
Les bidons de carburant. Il est interdit d’acheter, de vendre à emporter, de distribuer ou de transporter du carburant dans un récipient portable. Seule exception : une nécessité « dûment justifiée » par le client, que la police ou la gendarmerie pourra vérifier. Les automobilistes qui font le plein de leur réservoir ne sont pas concernés.
Les feux d’artifice. L’achat, la vente, la détention, le transport et l’utilisation des artifices de catégories F2 et F3 sont interdits. Cela vise notamment les mortiers, les batteries, les fusées, les chandelles romaines et les pétards. Seuls les spectacles pyrotechniques déclarés et les feux autorisés par les maires échappent à la mesure.
Pour justifier ces restrictions, la préfecture dresse dans ses arrêtés un inventaire inquiétant de la journée de jeudi. Un chef d’établissement aurait été visé par une tentative d’aspersion d’essence à l’Institut Robin, à Saint-Romain-en-Gal.
Des cocktails Molotov auraient été lancés sur le collège Brassens, à Décines-Charpieu. Des feux ont été allumés devant ou dans les lycées Colbert et Lumière (Lyon 8e), Claudel (Lyon 4e) et dans la cité scolaire Lacassagne (Lyon 3e), selon la préfecture.
Les parents en première ligne
Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, condamne de nouveau « avec la plus grande fermeté » les violences et les dégradations. Il les juge « totalement incompatibles » avec les revendications d’un mouvement « respectueux des lois de la République ». Et il adresse un message aux familles : la responsabilité civile des parents pourra « clairement être engagée » lorsque des mineurs commettent des dégradations.
Un dispositif de sécurité « adapté et robuste » sera de nouveau déployé ce vendredi, assure la préfecture.
Le mouvement, lui, ne semble pas prêt de s’éteindre. Les syndicats lycéens et étudiants ont donné rendez-vous le mardi 6 octobre pour une journée nationale de mobilisation.
La liste des 44 établissements concernés
Lyon
1er : La Martinière-Diderot, Jacques-de-Flesselles
2e : Récamier
3e : Lacassagne
4e : Saint-Exupéry, Claudel
5e : Saint-Just, Branly
7e : Guimard, Cité scolaire internationale (CSI), Labé, Mérieux
8e : Lumière, Lurçat, Premier-Film, La Martinière-Monplaisir, Colbert
9e : Jean-Perrin
Métropole et département
Bron : LP Tony-Garnier, LP Béjuit, Jean-Paul-Sartre
Brignais : Gustave-Eiffel
Caluire-et-Cuire : LP André-Cuzin
Charbonnières-les-Bains : Blaise-Pascal
Décines-Charpieu : Charlie-Chaplin
Givors : Casanova, Aragon-Picasso
L’Arbresle : Barthélemy-Thimonier
Meyzieu : Beltrame
Oullins-Pierre-Bénite : LP Jacquard, Parc-Chabrières
Rillieux-la-Pape : Camus-Sermenaz
Saint-Genis-Laval : René-Descartes
Saint-Priest : Forest, Condorcet
Vaulx-en-Velin : LP Les Canuts, Robert-Doisneau
Vénissieux : Sembat-Seguin, Jacques-Brel
Villeurbanne : Pierre-Brossolette, Marie-Curie, Magenta, Frédéric-Faÿs, EREA-DV René-Pellet
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