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Affaire Bardella : après la publication de captures d’écran par Mediapart, le RN continue de faire bloc autour de son président

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Publié le 01/10/2026 à 21h04, mis à jour le 01/10/2026 à 21h47

Le président du RN, Jordan Bardella,

Le président du RN, Jordan Bardella, Sarah Meyssonnier / REUTERS

Après que le journal en ligne a publié ses preuves de l’authenticité des messages antisémites qu’il attribue au président du RN, ce dernier annonce une nouvelle plainte, pour faux et usage de faux.

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S’appuyer sur ce qu’ils considèrent comme les failles du dossier pour contre-attaquer. Voilà comment Jordan Bardella et plusieurs cadres du RN ont choisi de répliquer après que Mediapart a publié jeudi en fin d’après-midi des captures d’écran de messages antisémites datant de 2013 que le site d’information attribue au patron du parti à la flamme. Des documents issus d’une conversation Messenger obtenue auprès de Meta et authentifiée par un huissier, selon le média, destinés à étayer les accusations portées dans le premier volet de son enquête. Sans ébranler le principal intéressé, qui conteste une nouvelle fois ces allégations.

«Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus», raille sur X l’eurodéputé nationaliste. Autrement dit : «Ces “preuves” n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal», insiste Jordan Bardella, qui juge, à la lecture de cette deuxième salve, que la «prétendue “investigation” s’effondre déjà». Et qu’elle résulterait d’une «machination grossière » dont «les Français seront juges». Au point que Mediapart pourrait se renommer «Mediaflop», a-t-il ironisé à la sortie du siège du RN, «consterné» par la «légèreté de l’enquête», qui «n’avance aucun argument». Un jeu de mots repris dans la soirée par nombre de ses lieutenants.

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Dès lors, Jordan Bardella dit avoir «chargé (son) avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux», comme il l’avait promis en guise d’avertissement sur CNews en début de semaine. Une procédure qui vient s’ajouter à celle déjà enclenchée pour diffamation. Car le trentenaire, dans l’œil du cyclone depuis les premières révélations de lundi, n’entend pas rester les bras croisés. «Pendant des jours, nos adversaires politiques et des dizaines de médias ont sali le premier parti de France, et porté une grave atteinte à mon honneur, sur la base de ragots diffusés par un média férocement anti-RN», tonne-t-il, dans une nouvelle flèche décochée contre le site cofondé par Edwy Plenel. Mercredi déjà, le président du RN affirmait affronter «l’accusation la plus ignoble qui (l’) ait jamais visé» et dénonçait «un traitement déloyal, injuste et mensonger».

Le RN fait bloc

Loin d’isoler le dauphin de Marine Le Pen, l’affaire a resserré les rangs autour de lui, même si elle ramène le parti à ses vieux démons «frontistes», longtemps nourris par les nombreux dérapages antisémites et racistes du fondateur du FN devenu RN, Jean-Marie Le Pen. Les troupes font donc bloc, y compris des élus réputés plus «marinistes» que «bardellistes». Comme Sébastien Chenu : le député du Nord estime que «les masques tombent», puisque Mediapart continuerait de s’appuyer sur des «sources inavouables», avant d’appeler à laisser la justice trancher. Comme Jean-Philippe Tanguy, sur France 5, pour qui «rien ne prouve» dans la deuxième partie de l’enquête la paternité des messages attribués à Jordan Bardella. Comme le maire de Perpignan, Louis Aliot, qui voit «une machination de plus dans une France en faillite après des décennies de gouvernements de droite et de gauche !»

Toute autre lecture chez Édouard Philippe. À rebours de la prudence qu’il affichait jeudi matin sur TF1, refusant de «commenter» faute de preuves tout en indiquant que les faits seraient «graves et sérieux» s’ils étaient avérés, le patron d’Horizons sort de sa réserve. Et considère désormais qu’il est «quasiment établi» que Jordan Bardella a tenu des propos «scandaleusement antisémites». «Il appartiendra à lui et à la formation politique dont il fait partie d’en tirer les conséquences», a prévenu le candidat à la présidentielle, cinglant à son endroit : «Avec les extrêmes, lorsque vous chassez le naturel, il finit toujours par revenir au galop».

Une sortie tout sauf fortuite au vu des rapports de force actuels : notre dernière enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro, Sud Radio et LCI donne le Normand qualifié pour le second tour face à Marine Le Pen dans toutes les hypothèses où il est testé. Derrière ce durcissement, la finale se joue déjà.

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